Sans surprise, plusieurs banques cantonales ont suivi le mouvement de la Banque Migros qui a, mardi, diminué les taux hypothécaires à un niveau historiquement bas (Le Temps du 27 novembre). Celles de Zurich, de Lucerne, de Schwyz ainsi que la Banque Raiffeisen et la BCV ont annoncé mercredi qu'elles réduisaient leur taux d'un quart de point à 3,5% pour les hypothèques variables. Applicable immédiatement pour les nouvelles affaires, cette réduction interviendra au printemps prochain pour celles qui sont en cours. Ces mouvements sont justifiés par des taux directeurs très bas et la morosité conjoncturelle. Tous les résidents en Suisse sont concernés. Les locataires tout d'abord: la loi fédérale leur donne le droit d'exiger une baisse des loyers en fonction d'un pourcentage préétabli (le tableau complet se trouve sur le site Internet de l'Asloca). En l'occurrence, ils peuvent demander une diminution de leur loyer de 3%. Il est intéressant de relever que, même si c'est injuste pour les propriétaires, cette requête peut être adressée même si le bailleur possède son bien depuis des générations et n'a plus aucune hypothèque. Cette situation pourrait changer avec la révision du droit du bail, toujours pendante à Berne, qui devrait découpler les loyers des taux au profit de l'indice des prix à la consommation, relève le porte-parole de l'Office fédéral du logement, Ernst Hauri.

Peu de propriétaires à Genève

Les propriétaires ou aspirants sont évidemment aussi concernés. Mais dans une mesure moins appréciable qu'on ne peut le penser de prime abord selon les cantons. A Genève, relève Marc Muller, secrétaire général de la Chambre genevoise immobilière, «ce n'est pas une baisse de taux – élément certes important – qui mettra de nouveaux objets sur le marché». La pénurie de logements et la cherté des biens vacants expliquent que Genève connaît pratiquement le plus faible taux de propriétaires en Suisse (voir graphique ci-contre). Ces statistiques datent de 1990 car celles de l'an 2000 ne sont pas encore dépouillées. Toutefois, souligne Ernst Hauri, les proportions n'ont pas considérablement changé. Alors qu'en 1950 37,2% de la population possédait son bien immobilier, cette part a baissé jusqu'en 1970 (28,1%) en raison de l'arrivée des immigrants avant de progresser à nouveau légèrement (31,3% en 1990 et vraisemblablement près de 34% en 2000). Dans des régions plus vastes comme le Valais en revanche, l'argument des taux prend plus de poids. Marc Muller met toutefois en garde les futurs propriétaires. Car les taux hypothécaires peuvent remonter dès que la conjoncture s'améliore. Pour pleinement profiter de la situation actuelle, il conseille donc de conclure un contrat à taux fixe sur une certaine durée même si le coût est plus élevé que celui des taux variables.