Economie

La baisse des taux n'est que l'une des cinq priorités

Périscope.

La baisse des taux n'est que l'une des cinq priorités

• Martin Wolf, éditorialiste du Financial Times, dépeint un monde déprimant pour 2009, fait de stagnation et de déflation. Il prend pour base le scénario de JPMorgan d'une contraction de 4% du PIB américain ce trimestre et ajoute que cela pourrait être pire. Le laisser-faire ne pénaliserait pas seulement les auteurs des excès passés. Rien n'est pire que de «laisser une ville brûler pour punir quelqu'un qui a fumé au lit». Il faut tout faire pour limiter la contraction, à commencer par une baisse des taux d'intérêt de 1 ou même de 2%. Deuxièmement, il faut aussi bien baisser les impôts qu'avoir recours à la dette publique. Troisièmement, les banques centrales doivent intervenir davantage pour que le système de crédit fonctionne. Quatrièmement, les pays industrialisés doivent aider les pays émergents. Enfin, les pays avec un excédent courant doivent soutenir la demande.

Le private equity prêt à participer au sauvetage

• Tandis que le système bancaire peine à fonctionner normalement, certains acteurs du private equity sont discrètement, mais réellement, en position de sauver les instituts en difficulté, selon la NZZ. Lone Star est l'un d'eux et propose ses services pour la banque allemande IKB. Avec des cours d'actions au plus bas et une conjoncture morose, ce genre de rachat va se propager, selon PricewaterhouseCoopers. Le private equity n'en est pas à sa première gestion de crise. Trois filiales de l'ex-Swissair avaient été rachetées par de tels financiers. A côté de l'Etat, c'est même l'un des rares segments à investir. Car les caisses sont pleines. Mais l'exemple de TPG avec Washington Mutual montre que chaque opération ne sera pas couronnée de succès.

Après la crise de l'emprunt, celle de l'empreinte

• Après la crise de l'emprunt, la crise de l'empreinte, écrit l'éditorialiste des Echos. Nous sommes en train de nous noyer dans un océan de dettes et voilà que le WWF nous envoie une drôle de bouée en forme d'empreinte écologique. En gros, cette honorable assemblée de protecteurs de la nature nous signale qu'en matière de ressources naturelles, nous vivons également à crédit, poursuit-il. Sur ce dossier, les menaces et les remèdes sont connus. Voici quatre leviers pour donner de l'air à notre Terre: maîtriser la démographie, consommer moins mais mieux, économiser l'énergie et mettre le paquet sur la recherche.

Si le gouvernement veut non seulement contrer la crise actuelle, mais éviter la prochaine, il devrait mesurer chaque initiative de relance à l'aune de leur empreinte, conclut-il.

L'endettement dépend de la culture et non des lois

• Le grand public sépare toujours la finance, fictive à son goût, et l'économie réelle, bien tangible. Silvio Borner, dans la Weltwoche, s'insurge contre cette approche. Le système financier joue un rôle majeur dans le développement économique. Comme le Nobel d'économie Douglass North l'a montré, le développement de l'Europe entre le XIe et le XVIe siècle s'est fondé sur trois innovations: la mobilité du capital, la diminution du coût de l'information et la répartition des risques. La croissance s'est nourrie surtout de la limitation du pouvoir de l'Etat et de la garantie de la propriété privée. De ce point de vue, c'est une erreur de condamner l'endettement. Tout dépend plutôt du ratio de fonds propres. La Suisse justement tire les leçons des années 1990.

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