Les Chinois ont propulsé vendredi l'euro à un nouveau pic historique à plus de 1,332 dollar. Yu Yongding, membre du comité monétaire de la Banque centrale de Chine, a affirmé en matinée que Pékin diminuait ses avoirs en bons du Trésor américain pour éviter une dépréciation de ses investissements, en raison de l'effritement du billet vert. Il s'est partiellement rétracté par la suite et la monnaie unique s'est retranchée.

Ces derniers soubresauts démontrent, si besoin en était, que la puissance de l'euro n'a pas grand-chose à voir avec la réalité économique de l'Union européenne (fort taux de chômage, faible croissance, etc.). Les mouvements de la monnaie unique sont rythmés par la réalité économique des Etats-Unis, un pays mal pris avec ses gigantesques déficits. La faiblesse du dollar permet de limiter leur accroissement.

Mais la vigueur de l'euro va avoir une conséquence inattendue. Elle permettra de contenir l'inflation en réduisant le coût des importations. Du coup, la Banque centrale européenne sera en mesure de baisser ses taux d'intérêt. Un mouvement de nature à stimuler la croissance. Les ménages et entreprises pourront emprunter à moindre coût, ce qui devrait soutenir la consommation et l'investissement.

Les marchés envisagent un assouplissement de la part de la BCE. Les contrats à terme («futures») sur les taux européens ont fortement reculé depuis le début du mois. Ce serait un bol d'air frais pour l'économie européenne, en mal de croissance, comme le démontre la faiblesse du climat des affaires en Allemagne. En novembre, l'indice IFO (moral des patrons) a plongé bien en dessous des attentes.