Dans un communiqué publié mardi, BAKBASEL pointe notamment du doigt l'environnement économique extérieur, qui s'est nettement obscurci. Ces vents contraires, notamment le ralentissement chinois, un éventuel Brexit, les prix du pétrole ou le danger d'une déflation, risquent d'affecter les exportations suisses cette année.

Lors de ses précédentes prévisions, en décembre, BAKBASEL tablait sur une large reprise dans les grands pays industrialisés, qui aurait pu plus que compenser la faiblesse de nombreux pays émergents. Cependant, ces espoirs ne semblent pas se confirmer, écrit l'institut bâlois.

Réticence à investir

Le manque d'impulsions du côté de la demande va encore renforcer la réticence des entreprises à investir, un phénomène déjà constaté dans la seconde moitié de 2015, en raison du franc fort. La faiblesse persistante des marchés émergents trouble en particulier les entreprises des pays industrialisés et les incite à la prudence, malgré une politique monétaire expansionniste.

Ces incertitudes sont encore amplifiées par l'initiative contre l'immigration de masse, dont la mise en oeuvre rapide apparaît de plus en plus improbable, relève BAKBASEL.

La consommation privée reste un important facteur de croissance, note l'institut de recherches conjoncturelles. Celle-ci devrait toutefois également connaître une perte de vitesse, notamment en raison de la hausse du chômage et d'une immigration de travail modérée.

Pour sa part, le franc fort devrait encore freiner pour un certain temps les exportations suisses. Les interventions de la Banque nationale suisse (BNS) sur le marché des changes devraient toutefois suffire à éviter une nouvelle appréciation de la monnaie helvétique, estime l'institut bâlois.

Ce dernier prévoit un taux qui devrait rester pendant un certain temps proche de 1,10 franc pour un euro. Une légère dépréciation de la monnaie helvétique n'est attendue qu'à partir de la deuxième moitié de 2017, aux alentours de 1,13 franc pour un euro.

Du mieux en 2017 et 2018

En 2017, les risques externes devraient toutefois perdre en importance, anticipe BAKBASEL. Dans le cadre de ce processus de normalisation, la conjoncture mondiale devrait donc accélérer.

Les perspectives sont encore plus favorables pour 2018, où l'économie suisse devrait à nouveau croître plus vigoureusement, grâce à des impulsions externes et de plus importants investissements. Ces derniers dépendent toutefois du maintien d'une solution bilatérale, garantissant l'accès au marché européen, prévient BAKBASEL.

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