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L'ensemble des mesures s'affiche de manière claire et ludique sur son smartphone.
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Test

La balance connectée de Withings, à utiliser avec précaution

Le modèle Body Cardio, vendu environ 150 francs, mesure le poids, la masse osseuse ou encore le rythme cardiaque. Un médecin conseille de l’employer avec grande prudence

Connecter à internet et à son smartphone sa machine à café Nespresso, sa planche à repasser Laurastar, mais aussi son… pèse-personne. Depuis quelque temps, la société française Withings – qui vient d’être revendue par Nokia à son cofondateur – commercialise une balance haut de gamme reliée à internet. Rien d’étonnant de la part de Withings, spécialisée dans les appareils connectés. Mais relier son pèse-personne à son smartphone, est-ce vraiment utile? Pour le savoir, nous avons testé le modèle Body Cardio, le plus haut de gamme de son assortiment. Le modèle est vendu environ 150 francs.

La première étape est classique. Il faut installer une application sur son smartphone, puis le relier, via Bluetooth ou le wi-fi, à la balance. Dans notre cas, il a fallu répéter l’opération une dizaine de fois avant que le pèse-personne soit enfin synchronisé avec un iPhone. Ensuite, la connexion n’a plus jamais été perdue. A noter que l’appareil se recharge en USB – dans notre cas, aucune recharge n’a été nécessaire pendant plusieurs semaines.

Beaux graphiques

Que mesure la balance? Le poids, bien sûr (à 100 grammes près), la masse grasse, la masse musculaire, le pourcentage d’eau dans le corps, la masse osseuse. L’appareil affiche aussi l’indice de masse corporelle (IMC) et la météo (un gadget bien futile). Chaque matin, on voit ainsi s’afficher sur le petit écran de la balance ces données, les unes après les autres. Et ces mêmes données s’affichent sous forme de graphiques sur l’application Health Mate de son smartphone. Il est possible de voir si ses courbes demeurent dans une «zone de normalité» et si l’on n’approche pas une zone de surpoids, par exemple. On peut aussi définir son poids de rêve, bien entendu.

Des mesures complètes, un tableau de bord bien fait sur son smartphone. Que vaut cet appareil? «Cette balance connectée n’est qu’une… balance. Mais l’aspect connecté apporte quelques plus. Ainsi, récupérer les données mesurées sur son smartphone est plus ergonomique, plus ludique. Mais l’élément le plus utile est l’enregistrement des mesures successives qui permet de suivre leur évolution dans le temps», relève le docteur Jean Gabriel Jeannot, spécialiste en médecine interne et auteur d’un blog sur le site du «Temps».

«Déclaration commerciale»

Et que penser de la phrase écrite sur le site du fabricant: «Les utilisateurs qui définissent un objectif de poids dans Health Mate perdent deux fois plus de poids»? «Il s’agit d’une déclaration commerciale qui n’a certainement aucun fondement scientifique, poursuit Jean Gabriel Jeannot. Je n’ai en tout cas pas trouvé sur le site de Withings d’études qui le prouvent. Cela pourrait même être le contraire. J’avais en juin 2017 écrit sur mon blog un article où je citais une étude qui avait montré que les utilisateurs de podomètre perdaient moins de poids que ceux qui n’en utilisaient pas. Il s’agit dans cette étude de podomètres et pas de balances mais je trouve ce résultat intéressant car il montre que l’outil ne suffit pas. On entend toujours les heureux utilisateurs qui ont perdu du poids en se pesant tous les jours sur une balance connectée, on entend peu les quelque 95% qui sont encore plus frustrés après avoir investi dans l’achat d’une balance qu’avant car leur poids ne baisse pas et qu’ils se sentent dévalorisés.»

Le médecin appelle donc à utiliser ce type d’objets connectés en lien avec la santé avec précaution et recul. «Des capteurs pour le sommeil peuvent rendre les gens, à force de s’observer, encore plus insomniaques. Les applications diététiques peuvent favoriser les troubles alimentaires. Il y a un réel danger que l’utilisation d’une balance connectée, avec ces possibilités de mesures multiples et en théorie ultra-précises, favorise des troubles alimentaires.»

Médecin réservé

Le médecin est aussi réservé sur la mesure du rythme cardiaque. «Vous trouverez toujours quelqu’un qui vous dira que grâce à la mesure de son rythme cardiaque une arythmie a été détectée. Mais combien d’angoisses générées pour une arythmie détectée? Nous manquons encore d’études pour y répondre», affirme Jean Gabriel Jeannot.

Idem pour des mesures très spécifiques, comme celles de la masse osseuse et de la masse hydrique: «Selon un médecin spécialisé que j’ai contacté, ces mesures pourraient être utiles pour certains sportifs mais les balances sont insuffisamment précises pour que les données fournies puissent être utilisées.»

Prudence, donc. A noter que l’application, qui affiche aussi le nombre de pas effectués, propose aussi des «programmes bien-être» avec comme thèmes le sommeil ou le bilan de tension.

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