Vacances

Les Baléares introduisent une taxe sur les touristes

Plus d'un million et demi de touristes y ont afflué uniquement en mai! La destination phare du moment prélève dès hier jusqu’à 2 euros par jour et par personne. Les professionnels pensent que la hausse des prix aura des effets limités

Une taxe peut-elle remettre en question l’afflux de vacanciers aux Baléares? Depuis ce vendredi, une taxe sur les touristes y a en effet été introduite. Prélevée dans les lieux d’hébergement, elle coûte entre 50 cents (camping, pension) et 2 euros par personne dès 16 ans et par nuit (hôtel 5 étoiles). Hors saison, le montant est réduit de moitié.

Avec ses 50 à 80 millions d’euros de recettes attendues, l’objectif est de préserver le milieu naturel et d’améliorer les infrastructures. Mais si les grandes lignes sont définies, le détail de l’utilisation n’est pas encore arrêté.

Cet impôt freinera-t-il l’appel du soleil et des plages de Majorque, Minorque, Ibiza et Formentera? En 2016, à fin mai, plus de 3 millions de touristes étrangers ont déjà pris d’assaut les plages des Baléares, dont 1,6 million pour le seul mois de mai.

Une hausse de 11% des touristes suisses

La demande est forte (+14,7% depuis janvier), même si les gains sont inférieurs à ceux de la région de Valence (+20%) et à l’Andalousie (+18%). Les touristes suisses sont dans la moyenne: 575 133 touristes suisses ont déjà été sensibles aux multiples charmes des Baléares (+11,5% à fin mai), selon Faustino Diaz, directeur de l’Office espagnol du tourisme en Suisse.

«C’est la destination numéro 1 du moment, la plus demandée au monde», clame Marcel Schlatter, porte-parole de Kuoni. Les hausses dépassent 10% en Espagne, Portugal et Italie et les baisses sont de cette ampleur en Turquie, Egypte, Tunisie, indique-t-il.


«Les prix des hôtels se sont significativement renchéris en réponse à l’augmentation de la demande pour cet été aux Baléares, si bien que l’effet additionnel de la taxe sera modeste», déclare Michèle Hungerbühler, porte-parole d’Hotelplan. Le porte-parole de Kuoni n’attend pas non plus de coup de frein en réponse à cette taxe.

Inscrit dans le programme de centre gauche

«Le nouvel impôt est la conséquence de l’élection du gouvernement de centre gauche l’an dernier, lequel avait introduit cette taxe dans son programme», selon Faustino Diaz. Il explique que la région cherche non pas à diminuer le tourisme mais à mieux le planifier. Les milieux hôteliers y sont toutefois hostiles. La Catalogne a déjà introduit une taxe sur les touristes, avec un but de promotion et non de durabilité.

En 2001, les Baléares avaient déjà prélevé une taxe identique, puis l’avaient abandonnée deux ans plus tard à la suite d’un ralentissement de la demande. Les recettes fiscales avaient même diminué de 160 millions à cause de cet impôt.

Le montant de 0,5 à 2 euro paraît modeste, mais la concurrence est vive dans le tourisme. Le consultant AndyCooper qualifie la taxe de «contre-productive»: Un navire de croisière, qui s’acquittera d’un euro de taxe par personne aux Baléares, est nettement plus flexible que qu’un hôtel. L’impôt coûtera 3500 euros par nuit pour les plus grands navires et 1500 à 2000 une embarcation de taille moyenne. Les compagnies de croisière pourraient, à son avis, être incitées à éviter les Baléares.


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