La plupart des cantons suisses ont préservé ou amélioré leur compétitivité fiscale en 2012. Selon une étude de BAK Basel présentée mardi à Zurich, 16 cantons sur les 19 analysés par l’institut de recherche économique ont maintenu ou abaissé la charge fiscale pour les entreprises et les personnes hautement qualifiées. Une évolution «remarquable», juge l’institut, si l’on tient compte de la crise financière et des besoins accrus de financement de certains cantons liés aux hôpitaux ou au renflouement de leurs caisses de pension.

Pour les entreprises, la fiscalité la plus favorable se situe à Nidwald, où l’indice de charge fiscale calculé par le BAK se limite à 10,6%. Ce taux inclut à la fois l’impôt sur les bénéfices (au taux le plus élevé), le capital et les taxes foncières. En comparaison internationale, seule Hongkong (9,7%) impose moins les sociétés. En tout, 80 régions ou villes de pays hautement industrialisés ont été comparés par l’institut bâlois.

A l’autre bout du classement, les cantons de Genève, de Bâle-Ville et de Vaud affichent les taux d’imposition les plus élevés à l’échelle helvétique avec un indice de charge fiscale qui avoisine les 20%. A noter que seuls les cantons romands de Genève, Vaud et Valais ont été inclus dans l’étude en ce qui concerne la Suisse romande.

A l’échelle internationale, les mauvais élèves helvétiques restent concurrentiels, a toutefois rappelé Martin Eichler, économiste senior chez BAK Basel. Il en va de même pour Zurich, situé en 14e position. «Des villes comme Zurich ou Bâle entrent en concurrence d’abord avec d’autres aires métropolitaines comme Londres ou Singapour, moins avec les cantons suisses périphériques», estime l’économiste.

Le deuxième volet de l’étude, consacré à la situation des employés hautement qualifiés, prend en considération la charge fiscale – soit l’impôt sur le revenu plus les assurances sociales obligatoires – qui s’applique à des personnes non mariées et sans enfant au bénéfice d’un revenu disponible de 100 000 euros. Selon ce critère, les cantons suisses les mieux placés se trouvent à nouveau en Suisse centrale: il s’agit de Zoug avec une charge fiscale de 23,7%, suivi par Schwyz (23,8%), Obwald (24,5%) et Lucerne (25,8%). A l’international, seules Singapour (11,3%) et Hong­kong (16,1%) sont encore plus attrayantes pour les employés hautement qualifiés.

A l’autre bout du classement, on retrouve les cantons de Bâle-Ville (37,4%), Vaud (36,7%) et Genève (36,4%). Ce tableau mérite d’être nuancé: la charge fiscale est calculée sur la base des chefs-lieux cantonaux. Or, dans des cantons comme Vaud ou le Tessin, Lausanne et Bellinzone appliquent justement les taux les plus élevés.

La Suisse pourra-t-elle préserver ses atouts sur le plan fiscal? Boris Zürcher, directeur de BAK Basel, observe qu’en Europe seules la Suisse et la Suède ont réduit la dette publique en pourcentage du produit intérieur brut entre 2007 et 2012. A l’inverse, plusieurs Etats comme la Grande-Bretagne, la France et l’Italie prévoient des hausses d’impôts. Même l’Irlande, dont la capitale Dublin est la seule ville européenne qui rivalise avec les cantons de Suisse centrale pour la fiscalité des entreprises, a accru l’impôt sur le revenu.

Le «climat fiscal» en Suisse devrait rester favorable en comparaison de l’Union européenne, anticipe BAK Basel, même si la pression politique sur la Suisse devrait aussi augmenter. A cet égard, l’institut s’inquiète des «incertitudes persistantes» concernant l’imposition des sociétés holding, de domicile ou mixtes. De même, les instruments comme les forfaits fiscaux sont toujours plus souvent remis en question.

Seules Singapour et Hongkong sont plus attrayantes pour les employés hautement qualifiés