Suite à l'annonce de la Bâloise, jeudi soir, que ses résultats 2002 accuseraient des pertes, le cours de l'action a plongé de 8,8%. «Cette réaction du marché est naturelle», remarque Tim Dawson, analyste à la banque Pictet. «Ces résultats déçoivent clairement, car ils s'affichent en dessous de prévisions déjà prudentes», précise-t-il.

La perte annoncée n'est pas négligeable, puisqu'elle oscillerait entre 550 et 650 millions de francs. Le quatrième assureur de Suisse l'explique par une évolution exceptionnellement mauvaise des marchés financiers, qui entraîne des correctifs de valeur de plus de 900 millions. «Comme toutes les autres compagnies dans ce secteur, la Bâloise a été exposée au retournement sévère des marchés qui, de plus, s'inscrit dans la durée», note le communiqué de presse. Elle aurait donc tardé à se protéger.

Afin d'essayer de réduire ces risques boursiers, l'assureur annonce avoir réduit sa part actions au début de l'année 2002 à 11,5%, contre 20% auparavant. Des pertes de l'ordre de 100 millions de francs sur le marché des changes ainsi que les intempéries sur ses marchés phares tels que l'Allemagne et l'Autriche, qui représenteraient environ 75 millions de francs, ont aggravé cette situation.

En avril dernier, la société déclarait s'attendre à une augmentation des bénéfices de 10%. Mais cette déclaration reposait sur l'hypothèse que le SMI, l'indice de la Bourse suisse, enregistrerait de belles performances. Or, il a plongé de 28% en 2002. Dans ce contexte, elle escompte des recettes issues des primes d'environ 7,3 milliards de francs, en tenant compte d'une croissance organique en monnaies locales d'environ 12% par rapport à 2001, dont environ 2,7 milliards pour le secteur non-vie et 4,6 milliards pour celui de la vie. En 2001, elle avait réalisé un bénéfice de 404 millions de francs.

«Résultats positifs pour 2003»

Cette perte intervient après une série de changements à la tête de la société. Frank Schnewlin a pris les rênes de la direction générale en mars 2002, Wolfgang Drunk a été nommé chef financier en janvier dernier et le responsable du marché suisse, Urs Berger, a démissionné en mai.

Il n'en reste pas moins que la situation financière de l'assureur demeure saine. «Sa solvabilité figure au premier rang des sociétés suisses et européennes de son secteur», note Tim Dawson. La Bâloise s'avoue elle aussi optimiste. «Nous renouerons avec des résultats positifs en 2003.»

Même si certains analystes interrogés s'avouaient surpris par le moment choisi pour cette annonce, la société a assuré qu'elle avait «l'habitude de divulguer ses prévisions de résultats à cette époque de l'année depuis de nombreuses années», a déclaré Philipp Senn, son porte-parole. «Nous fournirons des informations détaillées le 3 avril lors de notre conférence annuelle.»

Quant à l'action, elle a clôturé à 47 francs, en baisse de 8,8% par rapport à la veille. Plusieurs analystes ont abaissé hier leur recommandation de «acheter» à «neutre». Perdant près de 14% depuis le début 2003 et 66% depuis un an, la Bâloise figure au deuxième rang des titres ayant le moins bien performé dans le secteur des assurances.