Economie

La Bâloise voit son potentiel de croissance à l'Est

Le volume des affaires de l'assureur baisse en Suisse, son principal marché.

Pour Frank Schnewlin, directeur du groupe Bâloise, le quatrième assureur en Suisse, la croissance du groupe passe par une extension vers les nouveaux membres de l'Union européenne. «La Suisse représente toujours pour nous un pays de première importance. Mais il faut savoir se développer sur les marchés à fort potentiel, ce qui est le cas des pays de l'Est», indique-t-il mardi en marge de la conférence de presse des résultats semestriels. En Suisse, le volume d'affaires a baissé de 3,3% à 2,7 milliards de francs, dû à la morosité du marché des assurances vie classiques et des primes uniques en particulier. Le bénéfice avant impôts et frais de financement s'y élève à 158,6 millions (+38,2% ). Concernant la concurrence locale, soit la vente récente de l'assureur Winterthur au français Axa, Frank Schnewlin n'y voit «aucune influence sur le marché Suisse, car il n'existe pas de synergie à court terme entre ces deux groupes sur ce marché».

OVB Holding, une société de courtage allemande, sert de tête de pont à Bâloise vers les pays de l'Est. Déjà bien implantée en République tchèque et en Slovaquie, cette société cotée depuis fin juillet, dont Bâloise est l'actionnaire majoritaire depuis qu'elle a racheté le groupe d'assurances Deutscher Ring, est aussi établie en Pologne, en Hongrie, en Roumanie et en Croatie. Dans ce dernier pays, l'assureur suisse a déjà lancé un projet pilote «très satisfaisant» il y a six ans. Une acquisition est prévue en Serbie d'ici à 2007. «Il est probable que nous nous étendions encore sur d'autres marchés», dit Frank Schnewlin.

Concernant son deuxième marché, l'Allemagne, Bâloise enregistre une hausse de ses volumes de 4,4% à 1,2 milliard, malgré une féroce concurrence sur les prix. Avec ses deux unités Basler Securitas et Deutscher Ring, son bénéfice passe à 116,5 millions, contre 49 millions au premier semestre 2005. Le directeur y voit «un marché très prometteur, notamment dans les assurances vie qui devraient connaître un boom prochainement».

Frank Schnewlin souligne l'importance de la rentabilité du groupe par rapport à la croissance des volumes. Pourquoi? «Nous voulons satisfaire au maximum nos actionnaires, nos clients et nos employés. Cette stratégie a été aussi choisie en partie pour rendre plus difficile une acquisition hostile en augmentant fortement le prix que devrait payer un groupe s'il voulait nous racheter.» Les rumeurs d'un rachat ne sont pas commentées par la Bâloise qui n'entrevoit pas de réorganiser son portefeuille en vendant soit le secteur vie, soit le non-vie. «Notre présence géographie a déjà été complètement revue dans les années 1990. Les autres assureurs essayent de le faire actuellement, mais les conditions du marché ne sont plus aussi bonnes.»

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