mixeur

Bamix quitte le canton de Vaud pour rejoindre la maison mère ESGE en Thurgovie

Le site vaudois fait les frais de la cherté du franc suisse, ressentie par le groupe

Bamix quitte le canton de Vaud pour rejoindre la maison mère ESGE en Thurgovie

Mixeurs Le site vaudois fait les frais de la cherté du franc suisse

La société Bamix va définitivement quitter Mézières et le canton de Vaud pour rejoindre la maison mère ESGE à Mettlen en Thurgovie, a appris Le Temps. C’est une page qui se tourne pour le fabricant du batteur-mixeur, inventé en 1954 par le Lausannois Roger Perrinjaquet, et qui permet depuis presque trois générations de monter des œufs en neige ou de préparer des purées pour bébés.

Le site sera fermé fin juin. Une vingtaine de démonstratrices et six collaborateurs sont concernés. Aucun d’entre eux ne souhaite rejoindre le site de Thurgovie. «Je suis fier d’avoir participé à la croissance de cet appareil durant dix-sept ans. La Suisse romande va perdre un acteur fortement impliqué dans la vie locale. Nous étions toujours prêts à sponsoriser des associations, fondations, clubs, garderies, camps de jeunes et ceci pour plus de 20 000 francs de marchandise par année», note Martial Chevalley, directeur de la filiale romande.

C’est depuis Mézières (VD), sur près de 1000 m2, que la société gère toutes les foires et la distribution de ses produits sur le marché suisse, où elle travaille avec près de 1000 revendeurs. L’entreprise loue les locaux qui hébergent ses bureaux, un entrepôt, un magasin et un atelier avec toute une série de pièces détachées.

«En 2014, nous avons connu notre meilleur exercice, avec un très bon niveau de rentabilité. Nous avons écoulé plus de 45 000 appareils pour détenir 25% du marché suisse», affirme Martial Chevalley.

Le site vaudois, chargé du marché helvétique, fait les frais de la cherté du franc suisse ressentie par la maison mère, détentrice du brevet de l’appareil. «Le groupe réalise 90% de son chiffre d’affaires à l’exportation. Celui-ci a baissé de 10% et certaines commandes sont repoussées», constate Martial Chevalley.

Concurrence étrangère

Fermer le site vaudois constitue l’une des mesures d’ESGE pour contrer la cherté du franc suisse. «Nous sommes locataires du site à Mézières. A Mettlen, ESGE possède ses terrains. D’autres mesures pourraient être prises, à l’exemple du chômage partiel. En revanche, il n’est pas question de délocaliser à l’étranger, affirme Martial Chevalley. Le groupe veut continuer de bénéficier du label «Swiss made», gage de qualité.»

Avec ses 50 collaborateurs, la PME thurgovienne produit et écoule jusqu’à 400 000 mixeurs chaque année à l’étranger, principalement en Allemagne, au Japon, en Grande-Bretagne, en France et en Chine.

Elle fait face à une concurrence étrangère dont les représentants possèdent une force marketing jugée considérable. Kenwood, Bosch, Philips et plusieurs producteurs asiatiques se partagent le marché et proposent des mixeurs à bas prix.

Publicité