Un fabricant de produits de luxe qui se fait racheter par son distributeur. L’opération n’est pas courante et c’est ce qui pourrait arriver à Bang & Olufsen. Le concepteur d’appareils multimédia haut de gamme pourrait faire appel à une société chinoise, Sparkle Roll Group, pour assurer son avenir. Le fabricant danois affiche trois années consécutives de perte et cherche depuis des mois un acquéreur.

Fort d’une histoire de 91 ans, Bang & Olufsen s’est spécialisé dans les téléviseurs et haut-parleurs haut de gamme, coûtant plusieurs milliers, voire plusieurs dizaines de milliers de francs. Le fabricant danois a pris tard le virage de la mobilité, selon des observateurs, ne lançant que récemment des appareils de plus petite taille et mobile. Il a tenté de se restructurer en fermant certains magasins, mais aussi en abandonnant ses activités dans l’équipement audio d’automobiles de luxe, les confiant en 2015 au groupe américain Harman International Industries. Il y a quelques jours, Bang & Olufsen annonçait qu’il confiait la production de ses téléviseurs au sud-coréen LG. Là encore, avec l’objectif de réduire ses coûts.

Chiffre d’affaires en baisse

Mais cette modification de la gamme de produit a été effectuée trop tard pour empêcher des pertes. Lors de son dernier trimestre décalé (septembre à novembre 2015), la société a perdu 10,3 millions de francs, contre un bénéfice de 1,1 million de francs une année auparavant. En parallèle, le chiffre d’affaires a reculé de 7,7% à 111 millions de francs. Fin janvier, le directeur de la société, Tue Mantoni, se voulait alors encore confiant pour la suite, escomptant un «rythme de production plus stable et un développement de la distribution».

Mais en parallèle, Bang & Olufsen cherche depuis plusieurs mois un repreneur. En novembre 2015 déjà, il affirmait officiellement avoir reçu «certaines approches préliminaires concernant le lancement potentiel d’une offre d’acquisition». Mais sans mentionner, alors, aucun nom de repreneur potentiel. Cela pourrait être le fait de l’homme d’affaire chinois Qi Jian Hong, propriétaire de Sparkle Roll Group. Sa société distribue déjà les produits de Bang & Olufsen dans l’Empire du Milieu depuis 2012. Selon le quotidien danois Berlingske Tidende, qui cite des sources proches des négociations, Qi Jian Hong offre 85 couronnes danoises par action, soit une prime de 25% par rapport au cours de clôture de mardi. Le montant du rachat serait ainsi de 531 millions de francs. Mercredi, le cours de Bang & Olufsen bondissait du coup de quelque 10%. La société avait confirmé mardi l’intérêt de son partenaire pour un rachat.

Pression en Chine

Sur le marché chinois, Sparkle Roll Group s’est spécialisé dans la distribution de marques de voitures, de montres et de joaillerie, de vins (pour certaines bouteilles vendues à 15 000 francs) ou encore de cigares. Selon Bloomberg, le groupe a récemment fait les frais des campagnes menées par le régime contre la corruption. Son chiffre d’affaires s’est élevé à 335 millions de francs lors de son exercice fiscal 2015, soit une baisse de 40% par rapport à 2012.

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