Gestion de fortune

La Banque Bonhôte se verrait bien progresser sur l’Arc lémanique

L’établissement privé neuchâtelois se déclare acquéreur potentiel «d’une équipe qui serait à vendre». Ce, afin d’accroître sa présence entre son siège de Neuchâtel et sa succursale genevoise

La Banque Bonhôte se verrait bien progresser sur l’Arc lémanique

Gestion L’établissement neuchâtelois se déclare acquéreur potentiel

«On est une équipe jeune qui regarde vers l’avenir.» Directeur général de la Banque Bonhôte depuis février dernier, Yves de Montmollin, 49 ans, n’a pas envie de s’attarder sur l’image traditionnelle que peut véhiculer l’établissement privé neuchâtelois, bicentenaire en 2015. Au contraire. «Nous travaillons dans un beau dynamisme, nous sommes en croissance, si bien que nous pouvons affirmer que nous sommes désormais une banque de taille moyenne», assène d’entrée cet ancien cadre de la Banque Privée Edmond de Rothschild, à Genève.

Mais c’est de l’histoire ancienne. Voilà dix ans, déjà, qu’il œuvre en bordure du lac de Neuchâtel. Son entrée en fonction n’a donc pas coïncidé avec une révolution de palais. Par contre, Yves de Montmollin a voulu déléguer. Lorsqu’on l’interroge sur l’élan nouveau qu’il estime avoir apporté, il évoque les efforts fournis pour simplifier les processus de décision, au sein d’une banque qui compte environ 100 collaborateurs. «Il faut redonner les responsabilités dans les services et laisser décider les spécialistes», résume-t-il. Dans les faits, le comité de direction a été réduit, de sept à quatre membres.

Et il y a une autre évolution à laquelle tient le nouveau directeur et associé: l’accroissement de la notoriété de la banque. Et notamment dans la région lémanique. Présent à Genève depuis 2009, l’établissement a beaucoup œuvré à se faire connaître en Suisse alémanique ces dernières années. Il a ouvert à Bienne en 2003, à Berne, en 2011, et a entre-temps noué des partenariats à Zurich. La création, en 2006, du fonds Bonhôte-Immobilier (800 millions de francs d’immeubles, à fin mars 2014) lui a aussi permis de s’y faire une place auprès de la clientèle institutionnelle.

En territoire valdo-genevois, Bonhôte soigne son image. Sur le terrain promotionnel, devançant d’autres banques de la place, l’établissement s’est associé l’école privée du Rosey, à Rolle, pour inaugurer son Carnal Hall, où se produira le Royal Philharmonic Orchestra, le 2 octobre prochain.

En termes opérationnels, la croissance restera «maîtrisée», reprend le directeur général. Mais elle ne sera pas qu’organique pour autant. «Nous sommes acheteurs, si une opportunité se présente», révèle-t-il. Sans dire où, ni comment. Ni combien, se contentant d’évoquer son intérêt pour «une équipe» qui serait à vendre. Un tel scénario est en tout cas envisageable, étant donné «la redistribution des cartes» qui secoue aujourd’hui la place financière.

Les Suisses sont courtisés

Les chamboulements réglementaires? Bonhôte n’y échappe pas. Yves de Montmollin estime toutefois être épargné par «les vents du large» qui secouent le secteur de la gestion de fortune. Parce que son établissement a toujours travaillé avec une grande majorité de clients domestiques, aujour­d’hui 85% de ses relations, privées et institutionnelles.

Un segment auparavant «peu courtisé» mais qui est désormais de plus en plus sollicité par la concurrence. «On ne s’improvise pas banque pour les Suisses du jour au lendemain, assure-t-il. La relation est différente d’avec des étrangers, elle est plus horizontale. La base de coûts non plus n’est pas du tout la même.»

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