L'exercice 2000 se solde pour la Banque Cantonale de Zurich par un nouveau bénéfice net record de 225,5 millions de francs, en hausse de 22,5% par rapport à 1999. Ce qui se traduit par une amélioration à 12,2% (9% en 1999) du rendement des fonds propres de la banque. Avant l'affectation aux réserves pour risques bancaires généraux, le bénéfice affiche même un bond de plus de 45% à 481 millions de francs. «Ce résultat dépasse toutes nos attentes» assure Paul Hasenfratz, le président du directoire de la première banque cantonale du pays, devant la presse réunie vendredi à Zurich. Une croissance des affaires qui s'est accompagnée l'an dernier d'une augmentation de 14,2% des charges d'exploitation. Si les charges administratives n'ont progressé que de 5,7%, les dépenses de personnel ont en revanche bondi de 20% à 563 millions de francs, sous l'effet du gonflement des effectifs: près de 200 emplois ont en effet été créés l'an dernier pour un total de plus de 4000. Une évolution qu'observent nombre d'établissements bancaires confrontés à des besoins accrus en spécialistes qualifiés. Alors que le marché de l'emploi tend à s'assécher. Mais la tendance à l'octroi de primes aux collaborateurs a également contribué à alourdir les charges de personnel. La Banque Cantonale de Zurich a dû en effet s'aligner sur les conditions du marché. Conséquence: les primes représentaient l'an dernier un cinquième de la masse salariale, contre 12% un an plus tôt. En contrepartie, l'accroissement des effectifs a permis à la banque de gagner de nouveaux clients, en particulier sur les grandes banques. Les fonds gérés par l'établissement cantonal des bords de la Limmat se sont en effet étoffés de 9,3% à 74,5 milliards de francs l'an dernier. Or sur cette progression, l'apport constitué par la performance s'élève grosso modo à 2% selon Hans Fischer, le responsable de la division «Investment & Private Banking». Le solde étant généré par l'afflux de nouveaux fonds ou clients.

Négoce en recul

Si les «correctifs de valeurs, pertes et provisions» n'ont que peu varié dans leur ensemble, ce poste résulte cette fois-ci d'une baisse des provisions sur crédits douteux, compensée par une hausse, à 155 millions de francs, des provisions sur les charges occasionnées par l'informatique et le commerce électronique. Commentant les perspectives après une année 2000 exceptionnelle, Paul Hasenfratz s'attend «à un bon résultat en 2001 mais sans nouveau record». Il table en effet prudemment sur une stagnation du produit d'exploitation, assortie d'une hausse des charges opérationnelles. En clair sur une baisse du bénéfice. C'est que «la course aux technologies et les besoins accrus en spécialistes nous contraignent à un surcroît de dépenses».

Au cours de l'exercice 2000, la part du bénéfice de la banque générée par les affaires d'intérêts s'est légèrement étoffée à 61% (60% un an plus tôt) du total, après plusieurs années de déclin relatif. Le résultat des opérations d'intérêts a même franchi pour la première fois la barre du milliard de francs (+16,4% à 1002 millions). Dans les affaires de commissions liées à la gestion de fortune, le résultat a progressé de 14,7% à 379 millions de francs, malgré un environnement boursier difficile. Enfin, la banque a dû essuyer un recul de 14,8% du résultat des opérations de négoce. D'autre part, la Banque Cantonale de Zurich a annoncé vendredi la reprise de Immopool, le principal portail Internet centré sur l'immobilier en Suisse, avec près de 17 000 objets recensés. Les activités d'Immopool seront intégrées à la société que la banque entend créer sous la raison sociale «homegate AG». L'établissement cantonal zurichois entend ainsi se profiler sur le marché du financement immobilier.