Comme s'y attendaient les marchés financiers, la banque centrale américaine a observé une pause sur les baisses de taux mercredi. Après trois réductions depuis juillet, les taux sont maintenus entre 1,5% et 1,75%, alors que la croissance des Etats-Unis avance à un rythme «modéré».

Pour sa dernière réunion monétaire de l'année, la Fed entend ainsi parer aux tensions commerciales et à la faiblesse de la croissance mondiale. Cette fois, la décision des membres du comité monétaire a été unanime alors que le repli des taux d'intérêt, justifié par des inquiétudes autour d'un ralentissement de la croissance mondiale et des péripéties du Brexit notamment, les avait divisés.

Dans son communiqué, la banque centrale américaine précise que les taux sont à «un niveau approprié pour soutenir l'expansion de l'activité économique, des conditions d'emplois dynamiques et une inflation proche de l'objectif symétrique de 2%». Elle va toutefois surveiller les implications sur l'économie américaine «des développements à l'international et de la faible inflation».

Taux de chômage historiquement bas

Le comité monétaire a maintenu sa projection de croissance à 2% en 2020, 1,9% en 2021 après 2,2% cette année et prévoit que le taux de chômage reste à 3,5%, un plus bas en 50 ans, avec la création de 266'000 emplois au mois de novembre.

Si l'on en croit les projections des membres du comité sur l'évolution des taux, ceux-ci devraient rester en l'état en 2020, la Fed observant une pause prolongée. Le profil de l'inflation aux Etats-Unis, qui reste à un niveau bas, nécessite moins de hausse des taux d'intérêt, a estimé mercredi le président de la banque centrale américaine, Jerome Powell lors d'une conférence de presse.

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«Ce qui est différent [par rapport à la fin des années 1990], c'est que vous avez des caractéristiques structurelles très différentes dans l'économie, en particulier autour de l'inflation», a-t-il commenté.

«Maintenant, comme vous pouvez le voir, l'inflation accélère à peine malgré le fait que le chômage est à son plus bas niveau depuis 50 ans et devrait y rester. Le besoin d'augmentation des taux est moindre», a-t-il ajouté. Il a par ailleurs indiqué qu'il voulait voir l'inflation «persister» avant de relever les taux.

Optimisme à propos de la guerre commerciale

L'économie des Etats-Unis est dans sa onzième année de croissance relativement soutenue par rapport à la performance des autres pays industrialisés avec un PIB en expansion de 2,1% au troisième trimestre en rythme annuel. L'inflation pour sa part reste modeste, mais a frémi en novembre, selon l'indice CPI (+0,3% sur le mois) publié mercredi, poussée par une hausse des prix de l'énergie.

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Pour la première fois depuis un an, elle s'est inscrite à 2,1% sur douze mois, un peu au-dessus de la cible idéale de la Fed, qui préfère toutefois considérer l'indice PCE toujours plus faible.

En outre, un vent d'optimisme souffle sur le conflit commercial entre la Chine et les Etats-Unis, les deux pays préparant le terrain, selon le Wall Street Journal, pour reporter une nouvelle salve de tarifs douaniers que Washington entendait infliger dès le 15 décembre sur quelque 160 milliards de dollars de marchandises chinoises prisés par les Américains, telles que les téléphones portables ou les chaussures de sport.