Elle a beau avoir été réduite ces dernières années, elle peut rester un moteur de croissance. Au premier trimestre, c’est en effet la banque d’investissement qui a permis à UBS de battre les prévisions des analystes. La plus grande banque suisse a publié ce mardi un bénéfice net de 2,14 milliards de dollars (2,05 milliards de francs), en hausse de 17% sur un an, selon un communiqué. Le profit avant impôt a augmenté de 19% à 2,7 milliards. Une progression supérieure aux attentes des analystes.

La banque d’investissement contribue grandement à cette performance, après avoir vu son bénéfice plus que doubler (+126%) par rapport au premier trimestre de 2021 à près de 1 milliard. Ce sont en particulier les activités liées aux marchés qui l’expliquent. «Nous avons su gérer les importants volumes de transactions induits par la volatilité des marchés ainsi que les risques et nous avons assuré la liquidité si bien que les revenus de Global Markets ont atteint un niveau record», s’est félicité Ralph Hamers, directeur général d’UBS, dans le communiqué.

Inattendu

Comme le souligne Andreas Venditti, analyste chez Vontobel, UBS a fait mieux que ses rivales, y compris américaines, notamment dans les actions et les investissements à taux fixes. Il souligne également le rendement sur fonds propres qui a atteint 19%, soit au-dessus de l’objectif, fixé entre 15 et 18%.

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«Les chiffres du premier trimestre apparaissent étonnamment très bons avant tout grâce à la banque d’investissement, alors que la gestion de fortune a perdu quelques plumes en raison de l’environnement de marché qui s’est détérioré», observe Michael Kunz, analyste à la Banque cantonale de Zurich, dans une note. De fait, le bénéfice de la division de gestion de fortune internationale, cœur de l’activité de la banque, a reculé de 7% à 1,3 milliard. En revanche, l’afflux de nouveaux fonds continue. La banque a enregistré une arrivée nette de fonds générateurs de commissions de 19,4 milliards. Les actifs investis ont en revanche baissé de 5% à 3145 milliards. Les activités de gestion d’actifs sont également en baisse (-23% à 174 millions).

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Ni les marchés ni les analystes ne se sont inquiétés de ces reculs. «UBS a publié un nouveau bon résultat au premier trimestre, qui reflète la solidité de sa marque dans la gestion de fortune et la banque d’investissement, et ce, malgré les incertitudes liées à l’inflation élevée et au conflit entre la Russie et l’Ukraine», estime Maria Rivas, vice-présidente senior et spécialiste des grandes banques à l’agence de notation DBRS Morningstar.

«Dans l’ensemble, UBS est dans une position solide et sur la bonne voie», ajoute Michael Kunz. Pour la suite, cependant, il estime que la performance de la banque d’investissement sera difficile à reproduire. L’action a ouvert en hausse, progressant de près de 2% en cours de matinée. Depuis le début de l’année, le cours est stable. Mais depuis son point bas, au début de la pandémie, à 8 francs, il a doublé.

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Les coûts sont également dans la cible de la banque avec un ratio de dépenses sur les revenus de 70,7%. UBS a également affirmé avoir réduit son exposition à la Russie. Calculée à près de 650 millions lors de la publication des résultats annuels début mars, elle a été réduite d’environ 200 millions.