La première banque suisse UBS a annoncé mardi la suppression de 10 000 emplois dans le monde d’ici à 2015, dans le cadre de la restructuration de sa division banque d’affaires et a subi, en raison de cette opération, une lourde perte au troisième trimestre. À Zurich, l’action UBS gagnait 4,5% à 13,7 francs (plus haut du jour 14,04 francs) après une progression déjà notable la veille (+7,3%). Le SMI progressait d’un bon demi-point de pourcentage.

L’établissement zurichois, qui comptait 64 500 employés à la fin juin, table sur des économies de 5,4 milliards de francs d’ici à trois ans et veut abandonner certaines activités risquées dans la banque d’affaires, notamment l’activité de revenus fixes, a-t-elle précisé dans un communiqué. D’ici à 2015, elle veut réduire ses effectifs à 54 000 personnes.

Flou sur un éventuel plan social en Suisse

Sergio Ermotti, le directeur d’UBS, a précisé lors d’une conférence de presse en fin de matinée comment les 10 000 emplois supprimés se répartiront d’un point de vue géographique. Environ 2500 postes disparaîtront en Suisse, dont une grande partie à Zurich. Quelque 3500 emplois le seront aux Etats-Unis, le reste incombant à la Grande-Bretagne. Sur 22 500 emplois en Suisse, 15 000 sont basés à Zurich. Un plan social est-il prévu en Suisse? Sergio Ermotti n’a pas fourni davantage de précisions à ce sujet, indiquant simplement qu’il existe un programme d’accompagnement à la recherche d’emplois au sein de la banque.

Une décision qui a été «difficile à prendre, particulièrement dans une activité comme la nôtre qui est basée sur les personnes», a soutenu Sergio Ermotti dans le communiqué.

UBS a subi une lourde perte de 2,2 milliards de francs au troisième trimestre. Les comptes de la banque ont plongé en raison d’une charge exceptionnelle de 3,1 milliards de francs suisses liée à la restructuration de sa division banque d’affaires et d’une charge sur sa dette de 863 millions.

Pourquoi maintenant?

Pourquoi UBS a-t-elle décidé d’accélérer maintenant son processus de réorganisation, déjà annoncé dans les grandes lignes en novembre dernier? «L’environnement en matière de régulation est devenu plus strict et les exigences se sont clarifiées. Il est désormais clair que les règles de Bâle III seront introduites à l’international, même si elles ne le seront pas dans tous les pays au même rythme», a déclaré le directeur.

«La banque d’investissement est surdimensionnée compte tenu du nouveau paradigme. À l’avenir, elle sera plus simple et mieux concentrée», a-t-il ajouté. De plus, l’environnement macroéconomique reste difficile: «Nous avons revu à la baisse nos attentes», a-t-il ajouté. C’est pourquoi la banque a décidé d’accélérer maintenant ce processus «dans une position de force».

Cette décision a-t-elle été prise sur injonction du nouveau président, Axel Weber? «Au début de l’été, nous avons eu une réunion avec le conseil d’administration. J’ai présenté une proposition comme cela se fait habituellement et ensuite, le conseil d’administration pouvait dire oui ou non. C’est comme cela que les choses fonctionnent», a-t-il ajouté.

Charge de restructuration

«Certaines réductions de postes seront compensées par le taux de fluctuation naturel et nous prendrons toutes les mesures qui s’imposent pour atténuer l’impact global de ces changements», soutient le communiqué de presse

Concernant les résultats au troisième trimestre, le patron d’UBS a déclaré que toutes les activités de la banque «ont enregistré une rentabilité en hausse». Selon Sergio Ermotti, UBS a «poursuivi la mise en œuvre de (sa) stratégie, prenant de l’avance sur le calendrier».

La banque table sur une charge de restructuration supplémentaire d’environ 500 millions de francs suisses au quatrième trimestre, où elle s’attend par ailleurs à attirer de nouvelles entrées de fonds malgré un environnement économique difficile.

«Les mesures que nous prenons maintenant assureront la réussite à long terme de l’entreprise dans cet environnement réglementaire et économique fondamentalement changé et qu’à l’avenir elles généreront des rendements durables pour nos actionnaires», a précisé la banque.