Falcon est devenue, ce mercredi, la première banque privée de Suisse à adopter le bitcoin. C’est-à-dire à permettre à ses clients d’investir dans cette cryptomonnaie. L’établissement a même installé dans l’entrée de son siège social à Zurich un distributeur automatique de devises virtuelles, accessible au public durant ses heures d’ouverture.

Avec ce service de blockchain asset management, Falcon souligne son nouveau positionnement stratégique. «Une expérience unique, combinant une excellence individuelle avec une intelligence numérique de premier plan», indique pompeusement un communiqué de presse de la banque.

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Une analyse qualifiée d’approfondie

C’est au terme d’une «analyse approfondie», ajoute le communiqué, que le gendarme suisse des marchés financiers (Finma) a donné son aval au lancement de ce nouveau produit. Le bitcoin est une alternative financière qui a la particularité de n’être encadrée par la législation d’aucun pays et de garantir la confidentialité de ses transactions. Il est aussi réputé être utilisé comme moyen de blanchir de l’argent. Mais la Finma a tout de même donné son feu vert.

En octobre dernier, la banque centrale de Singapour avait ordonné la fermeture de la banque privée zurichoise. Cette dernière était visée par une enquête pour blanchiment d’argent dans le cadre du scandale politico-financier touchant le fonds souverain malaisien 1MDB.

Un marché naissant

Côté suisse, le gendarme des marchés financiers a infligé à Falcon une amende de 2,5 millions de francs, au motif que l’établissement s’était rendu coupable de «manquements» dans ses relations avec 1MDB. La petite banque privée, créée avec des capitaux du Golfe, est le second établissement suisse, après la tessinoise BSI, à avoir été sanctionné pour son rôle dans le détournement supposé des milliards du fonds souverain asiatique.

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Cette implication dans le scandale 1MDB, qui a révélé de graves lacunes en matière de gestion des risques chez Falcon, semble ne pas avoir joué en défaveur de l’établissement zurichois, également présent à Genève. L’autorisation de commercialiser des bitcoins intervient à un moment «opportun pour entrer sur ce marché naissant», estime Niklas Nikolajsen, le directeur de Bitcoin Suisse.