C'est devenu une habitude. Hier après-midi à Tokyo, la décision de la Banque du Japon de renouer avec sa politique de taux zéro a été de nouveau accueillie avec le plus grand scepticisme par les analystes. «Le problème n'est pas le loyer de l'argent, mais le refus des Japonais d'emprunter et de dépenser», pouvait-on entendre au Kabuto-Cho, le quartier de la Bourse engluée depuis deux semaines à son plus bas niveau depuis seize ans. Manière de signifier que la deuxième puissance économique mondiale, menacée par la récession, est incapable de briser le cercle vicieux financier. Manière surtout de réaffirmer que le spectre d'une crise bancaire d'envergure (voir au-dessus) reste d'actualité. Le gouvernement nippon apparaît tout aussi impuissant. Outre l'impopularité record du premier ministre Yoshiro Mori dont la rencontre avec le président Bush a été qualifiée lundi de «parfaitement inutile» par tous les quotidiens japonais, les interventions du respecté – mais très désabusé – ministre des Finances Kiichi Miyazawa semblent de plus en plus inefficaces.