«Nous choisirons un moment opportun, ce ne sera ni trop tard ni trop tôt.» Mardi, Toshihiko Fukui, le gouverneur de la Banque du Japon (BOJ), n'a guère levé le voile sur ses intentions en matière de politique monétaire. Dans la matinée, les membres de l'institution s'étaient prononcés à l'unanimité en faveur d'un maintien de son principal taux directeur à 0,25%, niveau auquel il avait été porté par le resserrement du 14 juillet passé, le premier en six ans.

La publication concomitante du rapport semestriel de la BOJ sur l'activité économique et les prix a toutefois corroboré le scénario d'une poursuite graduelle de la normalisation monétaire dans l'Archipel. Certes, la BOJ a revu à la baisse ses perspectives d'inflation par rapport à son précédent rapport d'avril. La tendance n'en reste pas moins à l'accélération, puisque selon ses prévisions, la hausse des prix à la consommation - hors alimentation - atteindra de 0,5% sur un an l'année prochaine, contre 0,2% d'inflation en septembre.

En outre, depuis que l'économie a amorcé sa sortie de la déflation, l'évolution des prix ne constitue plus l'unique préoccupation de la BOJ. A cet égard, elle a rehaussé sa prévision de croissance pour 2007 de 2% à 2,1% après les 2,4% attendus cette année, en se référant notamment à l'excellente santé des entreprises.

Etant donné la «profitabilité élevée des entreprises et la tendance positive des prix, l'effet stimulant de la politique monétaire sur l'activité économique et les prix pourrait s'amplifier», estime donc la banque centrale. Et d'ajouter en substance qu'un maintien trop prolongé des taux directeurs à un faible niveau risquerait d'entraîner des fluctuations économiques indésirables. Aussi, si peu d'économistes se risquent aujourd'hui à parier sur un second tour de vis d'ici à la fin de l'année, la vaste majorité d'entre eux estiment qu'il interviendra dès le premier trimestre 2007.

Hisanori Gondo, responsable des investissements en actions d'ING au Japon, partage cette projection. De passage mardi à Genève, il s'est affirmé lui aussi très confiant dans la santé économique de l'Archipel, «dorénavant beaucoup plus indépendant qu'il ne l'était des tendances économiques extérieures». Dans ce contexte, il estime que la Bourse de Tokyo offre un potentiel de hausse de 15% dans l'année qui vient.