La Banque du Japon (BoJ), qui avait surpris fin janvier en instaurant des taux négatifs, a choisi le statu quo mardi 15 mars, afin d'évaluer l'impact de son offensive monétaire. Elle avait reçu un accueil très mitigé dans une troisième économie mondiale sans souffle.

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A l'issue d'une réunion de deux jours, le comité de politique monétaire a maintenu à -0,1% le taux instauré depuis peu sur certaines liquidités déposées par les banques, une pénalité qui vise à inciter les établissements bancaires à prêter aux particuliers et entreprises.

Cet outil non conventionnel, qui s'était initialement heurté à l'opposition de quatre des neuf membres, a cette fois-ci été prorogé par 7 voix contre 2.

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La BoJ a par ailleurs reconduit à l'identique son vaste programme de rachat d'actifs d'un montant actuel de 80.000 milliards de yens par an (quelque 630 milliards d'euros). Là aussi, l'objectif est de faire circuler l'argent dans l'économie, pour faire repartir le crédit, les prix, et la croissance.

Le statu quo préconisé pour l'instant

La plupart des économistes interrogés par l'agence Bloomberg misaient sur un tel attentisme de la BoJ, anticipant plutôt un nouvel assouplissement lors de sa réunion de fin avril ou plus tard.

Mis en difficulté fin janvier - certains membres du comité qualifiant l'adoption de taux négatifs de mesure extrême susceptible de semer la confusion dans les esprits -, le gouverneur de la banque centrale japonaise, Haruhiko Kuroda, a donc décidé de temporiser malgré une reprise atone.

Le taux d'inflation est retombé à zéro en janvier, loin de l'objectif de 2% visé par la BoJ, sous l'effet de l'érosion des prix du pétrole et d'une économie atone. L'économie s'est encore contractée au dernier trimestre 2015, et les premières statistiques de 2016 ne sont guère réjouissantes, avec une consommation des ménages qui n'en finit pas de décliner.

Dans son communiqué, la Banque du Japon maintient son diagnostic d'une «reprise modérée», même si «les exportations et la production industrielle se montrent moroses du fait du ralentissement dans les pays émergents», en particulier en Chine, partenaire commercial important du Japon. 

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