Julius Baer Holding vient de boucler un excellent résultat qui… va laisser les analystes financiers sur leur faim. Certes, la progression de 63% à 433 millions du bénéfice net du groupe est dans la cible du consensus du marché. Celle-ci prévoyait une fourchette de 400 à 450 millions. Mais avec une progression de 11% «seulement» à 142 milliards de ses actifs sous gestion, annoncée vendredi par un bref communiqué, la principale banque privée alémanique va certainement susciter des questions.

Ce taux de progression fait suite à un exceptionnel 35% qui avait marqué la hausse des actifs gérés entre 1998 et 1999. Celui qui a été enregistré en 2000 est en tout cas inférieur aux 15% de rythme annuel d'augmentation des actifs gérés que la direction générale du groupe Julius Baer anticipait. Autre motif de réflexion pour les analystes: la progression dans les fonds de placement. Entre 1998 et 1999, leur volume avait progressé de 71%. En 2000, ce taux a ralenti à 11%. Un coup de frein qui s'explique à la fois par la conjoncture boursière en 2000 et sans doute aussi par l'évolution du marché italien où la forte position de Julius Baer a dû souffrir du retournement de ces derniers mois.

Il reste que les résultats pour 2000 vont inciter le conseil d'administration à proposer aux actionnaires une augmentation de 64% du dividende. Celui de la porteur passerait ainsi à 120 francs et celui de la nominative à 24 francs.

Rachat d'actions

Par ailleurs, le groupe va continuer dans sa politique de valorisation du capital. Au 31 décembre de l'année écoulée, il avait déjà racheté pour 79,4 millions de ses propres actions sur un objectif de 100 millions. Cette année, deux autres mouvements sont proposés à l'assemblée générale.

D'une part, la valeur nominale des titres au porteur devrait passer de 50 à 5 francs, les actionnaires se voyant rembourser 45 francs par titre. La réduction et le remboursement se font dans une même proportion pour les nominatives non cotées en Bourse. D'autre part, profitant des nouvelles dispositions légales, la valeur nominale des actions au porteur et nominative sera divisée par dix, passant à 50 centimes, respectivement 10 centimes, par titre.

Une manœuvre qui devrait non seulement améliorer la rentabilité des fonds propres du groupe mais aussi liquéfier son capital en l'ouvrant à de nouvelles catégories d'investisseurs.