En octobre 2000, le groupe Julius Bär a obtenu la licence de la Commission fédérale des banques pour une banque en ligne. Walter Knabenhans nous dévoile sa stratégie dans ce secteur.

Le Temps: Où en est votre projet?

Walter Knabenhans: Nous avons bien moins investi dans la plate-forme qui, selon nos plans, devrait être proposée à notre clientèle dès cet été. Les tests techniques et les audits externes pour en établir la robustesse et la fiabilité sont en cours. Elle aura coûté moins, car notre objectif est d'investir au plus 5% de notre enveloppe de coûts dans toutes nos activités d'e-business. Y compris dans ce projet de banque en ligne.

– Quelles sont les difficultés que vous rencontrez?

– La principale est de ne pas mettre trop d'espoirs dans ce projet. Il faut rester discipliné. Et employer assez de spécialistes pour le réaliser sans devenir trop dépendant des consultants extérieurs. Par ailleurs, la solution technique doit être rigoureuse…

– N'avez-vous pas des difficultés en ce qui concerne l'activité transfrontalière d'une telle banque en ligne et la problématique de l'identification des clients?

– La licence que nous avons reçue pour cette banque est adaptée à des activités en Suisse. Si nous voulions nous lancer dans d'autres marchés, ce serait en obtenant une licence bancaire dans d'autres pays. En ce qui concerne l'identification des clients online, nous avons appris il y a deux semaines qu'elle ne pouvait plus se faire par courrier postal. Chaque relation bancaire devra être identifiée avec un passeport. Or, notre réseau n'est pas très dense. Nous sommes donc en train de nous organiser en fonction de ce changement.

– Cette banque est un autre canal de distribution. Comment pouvez-vous l'intégrer dans un univers où les services et les produits sont aussi très importants?

– Les clients que nous visons avec la banque en ligne sont habitués à récolter et à juger eux-mêmes les informations sur les marchés financiers. Sur cette base et selon leur propre stratégie, ils décident eux-mêmes. Ils sont aussi très familiers du monde informatique et ne comptent pas sur une assistance technique. Ainsi, nous avons seulement besoin d'un petit centre d'appel pour les aider. La base de coûts d'une telle banque est moins élevée. Il est difficile d'estimer la taille de cette clientèle. Mais cela n'est pas un critère déterminant, car nos investissements de départ sont modérés.

Par ailleurs, ce projet nous intéresse pour une autre raison. Cette plate-forme online dispose d'un flux de traitement des informations entièrement automatisé. Rien ne doit intervenir manuellement dans le traitement des données. Enfin, son efficacité est assurée quel que soit le nombre de clients qui l'utilisent. Avoir développé une telle plate-forme à l'interne nous permettra donc de développer des synergies avec nos activités traditionnelles.