Matières premières

La Banque nationale sort renforcée du refus de l’initiative sur l’or

Le prix du métal précieux a connu un bref décrochage à la suite du non des Suisses. Les pressions sur le taux plancher entre le franc et l’euro devraient se dissiper, selon les analystes

La Banque nationale sort renforcée du refus de l’initiative sur l’or

Matières premières Le prix du métala connu un bref décrochage à la suite du non de dimanche

Les pressions surle taux plancher entre le franc et l’euro devraient se dissiper

«Swiss Voters Reject SNB Gold Initiative». Signe de l’intérêt que portaient les marchés à la votation sur l’or de la Banque nationale suisse (BNS), l’agence financière Bloomberg a immédiatement communiqué le refus de l’initiative populaire dimanche via un «push».

Lundi, le trou d’air sur le marché de l’or aura été de courte durée. Après un brusque décrochage de 2% en début de matinée – une once du précieux métal jaune s’échangeait 1141,90 dollars alors qu’on le trouvait encore à plus de 1200 dollars vendredi – l’or a rapidement retrouvé des acheteurs. En fin de journée, il s’échangeait à 1203,43 dollars l’once.

Un constat qui fait dire aux observateurs que le refus, par 77,3% de non, de l’initiative visant notamment à forcer la BNS à posséder au moins 20% de son bilan en or (contre 8% aujourd’hui), était largement attendu par les marchés. En cas de oui, l’institution aurait dû acquérir au moins 1500 tonnes de métal jaune, ce qui en aurait mécaniquement fait grimper le prix.

«En voyant les sondages vendredi, on devinait déjà que la moitié des traders de la planète n’allaient pas se positionner sur une acceptation de l’initiative», estime Thomas Veillet, consultant en investissements chez Investir.ch. Pour autant, «le grand nombre d’indécis a certainement poussé quelques spéculateurs à miser sur un oui suisse», relève Gianluca Tarolli, analyste chez Bordier. Il est donc «très probable que ces derniers aient dû dénouer leurs positions», provoquant la baisse constatée en début de matinée sur les marchés asiatiques, note l’analyste.

L’impact de la votation helvétique sur le prix du métal doit toutefois être relativisé. Car «ces derniers temps, c’est l’ensemble du secteur des matières premières qui souffre», constate Gianluca Tarolli. En rappelant que, la semaine dernière, le prix du pétrole a chuté de 10% (notamment à l’issue de la rencontre de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole, jeudi) entraînant les autres matières premières avec lui (l’or a perdu 3%, le cuivre et l’argent, 5,5%, etc.)

Plus loin, l’effet du non de dimanche doit peut-être se chercher sur le marché des changes. En effet, en refusant de corseter la BNS, les Suisses «lui ont témoigné une confiance pour la conduite de ses opérations – y compris les moins conventionnelles», juge Ole Hansen, de chez Saxo Bank. «Ces dernières semaines, on sentait qu’en cas de oui, la Banque nationale pourrait avoir davantage de difficulté à maintenir son taux plancher. D’où l’affaiblissement de l’euro [jusqu’à 1,2009 franc mi-novembre]», relève Gianluca Tarolli.

Lundi matin, l’euro se renforçait à 1,2045 franc contre encore 1,2018 franc en fin de semaine passée. «La BNS sort renforcée de ce vote et sa marge de manœuvre est intacte. On peut désormais estimer que les pressions sur le taux de change vont graduellement se dissiper», ajoute l’analyste de Bordier. Andreas Ruhlmann, d’IG Bank, jugeait pour sa part que le franc devrait désormais «s’affaiblir lentement jusqu’à la zone de 1,21».

«Le grand nombre d’indécis dans les sondages a poussé des spéculateurs à miser sur un oui suisse»

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