En 2007, les stratèges de la Banque Piguet & Cie ont été clairvoyants. Non seulement ils ont réduit l'exposition aux valeurs financières dès le début de l'année, mais ils ont investi dans un hedge fund qui avait parié sur la chute des «subprime», enregistrant des performances phénoménales pendant l'été. Cette politique a permis de dégager des résultats record l'an dernier (voir encadré).

Maintenant, le moment est venu de racheter des actions. C'est du moins la position défendue par Michel Menoud, nouveau chief investment officer (CIO) de l'établissement vaudois depuis le 1er janvier 2008. «Bien que les statistiques macroéconomiques aux Etats-Unis soient moins mauvaises que prévu, l'économie américaine reste fragile», note-t-il. «Car la croissance repose principalement sur le gonflement des stocks et les dépenses publiques.»

Les marchés ont perdu 20% depuis leur plus haut et le put/call ratio très élevé démontre un pessimisme très fort des investisseurs. Toutefois, on va assister à un retournement, estime le responsable de la stratégie de la Banque Piguet. «Il faut donc avoir le courage de racheter un peu d'actions», explique Michel Menoud, qui attend une hausse modérée des marchés et fait confiance à la politique monétaire expansive de la Réserve fédérale américaine pour relancer l'économie.

Actuellement, un mandat équilibré à la Banque Piguet compte environ 35% d'actions, ce qui est beaucoup par rapport à l'allocation habituelle de la maison, qui réserve traditionnellement une large part aux hedge funds. Ces derniers représentent également 35% des portefeuilles et assurent, selon la direction, un rapport rendement/risque très favorable.

Le CIO de Piguet & Cie continue à accorder sa confiance aux pays émergents du BRIC (Brésil, Russie, Inde et Chine). Avec une réserve pour le premier, qui a déjà beaucoup surperformé. En revanche, l'Europe de l'Est souffre de la faiblesse économique de la Vieille Europe, pénalisée par une politique «dogmatique» de la Banque centrale européenne. Mais Michel Menoud estime que son président, Jean-Claude Trichet, sera contraint d'assouplir sa position si l'inflation se modère. «Le fait qu'il évoque désormais les difficultés économiques de l'Europe dans ses discours en est le premier signe.»