C'est une première! La Banque Sarasin a dévoilé jeudi les avoirs qu'elle gère pour le compte de ses clients. Ce montant, tenu secret jusqu'à présent, s'élevait à fin 1998 à 28 milliards de francs. Cela représente une progression de 20,2% par rapport à l'année précédente, a indiqué vendredi Peter Merian, associé et président de la direction de la banque privée bâloise. Cette augmentation des avoirs de la clientèle revient pour moitié à de l'argent frais, a ajouté Peter Merian. La fortune des fonds de placement Sarasin se monte à 3,6 milliards de francs (+44%), un montant qui a triplé en trois ans. Le rendement des fonds propres s'élève à 20,8% (19,5% en 1997). A titre de comparaison, la Banque Julius Bär avait annoncé, la semaine dernière, une augmentation de 16% de sa masse sous gestion, à 93,8 milliards de francs.

Augmentation du dividende

Peter Merian a de quoi arborer un large sourire. Après la cuvée record de 1997, la banque bâloise a une nouvelle fois affiché des résultats en hausse en 1998. Malgré les turbulences sur les marchés financiers, le bénéfice brut consolidé s'est élevé à 131 millions de francs (+15,2%) et le bénéfice net à 80,1 millions de francs (+26,5%). Depuis 1996, le résultat a ainsi plus que doublé, a précisé l'associé de Sarasin. Les produits d'exploitation ont progressé de 19,9% à 278 millions de francs. Dans le détail, les opérations sur intérêts ont grimpé de 20,7% à 31 millions. La croissance des commissions se monte à 202 millions (+22,4%). Le négoce de titres a engendré un résultat de 38,2 millions de francs, soit une progression de 16,7%. Active principalement sur le marché helvétique, la Banque Sarasin a profité du bond des transactions à la Bourse Suisse en 1998.

La somme du bilan a progressé de 22,3% à 2,8 milliards de francs. Vu les bons résultats, le conseil d'administration de Sarasin proposera à l'assemblée générale d'augmenter le dividende de 15 francs, à 60 francs par action nominative B.

A fin 1998, le groupe employait 493 personnes (+54%) dont 15 à Genève. Cela représente un bénéfice brut d'environ 281 000 francs par collaborateur. Peter Merian a par ailleurs indiqué qu'il était très satisfait du développement des affaires à Genève.

Après la gestion de fortune, la banque s'est lancée l'an dernier dans la gestion institutionnelle et, si l'on en croit l'associé bâlois, le seuil de rentabilité est déjà presque atteint.