Transformation

La banque se prépare à davantage de transparence

Pictet devra publier des chiffres chaque semestre sur sa marche des affaires

La banque se prépare à davantage de transparence

Et maintenant? La société anonyme (SA) est effective depuis janvier. Comme Lombard Odier dans ces colonnes en février dernier, la banque insiste sur le fait qu’elle n’a pas vraiment changé. C’est surtout parce que la Finma ne veut pas que ces banques se mettent à prendre des risques comme d’autres qui sont organisées en SA, explique un observateur. Car jusqu’ici, les banquiers privés ont toujours utilisé l’argument de leur statut indéfiniment responsable sur leur propre fortune pour justifier une prise de risque limitée. «Ces déclarations ne visent donc pas tant leurs clients, que le superviseur lui-même», glisse-t-il.

Formellement, les huit membres du collège des associés assument toujours la direction du groupe. «Nous devons simplement nous limiter davantage aux questions stratégiques», précise Jacques de Saussure. La mise en œuvre de la stratégie est ensuite du ressort des organes de direction et conseils d’administration des différentes entités que compte le groupe.

Réunion quotidienne

Le collège se réunit pour des séances formelles sur une base mensuelle voire bimensuelle, poursuit le responsable. «Mais nous avons pris – et gardé – l’habitude de nous voir tous les jours entre associés présents à Genève.» Chaque matin, les responsables se retrouvent dans le «Salon» pour échanger les dernières informations pendant une heure et demie à deux heures sur les différents départements et filiales du groupe.

A ce collège s’ajoute un conseil d’administration fraîchement nommé pour la banque, dont Jacques de Saussure est aussi le président. Au contraire de Lombard Odier, Pictet n’a pas souhaité avoir une majorité de membres indépendants, la loi en exigeant seulement «un tiers», précise Jacques de Saussure.

Dévoiler les résultats

Pictet va aussi devoir publier ses résultats deux fois par an. La banque se fait petit à petit à l’idée qu’elle devra se dévoiler davantage que par le passé.

«Les autorités, les agences de notation et un certain nombre de cadres avaient déjà accès à ces informations», relativise Jacques de Saussure, qui feint d’ignorer les fantasmes que ces révélations suscitent dans le microcosme financier genevois. «Les personnes qui ont un œil d’analyste financier pouvaient se faire une idée générale», ajoute-t-il. Tout en avouant: «C’est vrai, vis-à-vis du public, nous nous dirigeons vers plus de transparence et nous allons en quelque sorte perdre ce privilège de pouvoir garder ces informations pour nous. Je comprends que cela puisse intéresser à Genève et parmi nos contreparties, mais je pense que l’intérêt du public va s’atténuer au fil des publications.»

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