Les marchés actions américains ont ouvert en baisse de 2% mercredi, alors que des statistiques ont montré l’ampleur des effets du Covid-19 sur la première économie du monde. En mars, les ventes au détail ont connu leur plus forte baisse depuis qu’elles sont mesurées aux Etats-Unis, avec un recul de 8,7%, tandis que la production industrielle se rétractait de 5,4%, son pire déclin depuis 1946. Les résultats publiés durant la journée de mercredi montrent des bénéfices en chute pour le premier trimestre et des prévisions pessimistes pour les prochains trimestres.

A 1,1 milliard de dollars, le bénéfice net de Goldman Sachs a été divisé par deux au premier trimestre, par rapport à l’année précédente, selon des chiffres présentés mercredi, selon l’AFP. La banque, dont la plateforme de prêts et de dépôts en ligne Marcus s’adresse au grand public, anticipe une hausse des défauts de paiements de ses clients. Ses provisions pour impayés ont été multipliées par plus de quatre, à 937 millions de dollars. La banque dit aussi s’attendre à des défaillances de la part des détenteurs de la carte bancaire qu’elle propose depuis plusieurs mois en partenariat avec Apple.

A l’inverse, la forte volatilité des marchés a fait bondir les revenus de courtage de 28% à 5,1 milliards de dollars, ce qui représente 59% des revenus (8,7 milliards) de Goldman Sachs au premier trimestre. Le courtage des produits financiers liés aux devises, aux obligations et aux matières premières s’est particulièrement distingué, en enregistrant une flambée de 33% des recettes à 2,2 milliards. En revanche, les incertitudes économiques ont pesé sur les commissions des banquiers conseillant les entreprises dans les opérations de fusions-acquisitions. Leurs revenus ont chuté de 10,6% à 781 millions de dollars.

Provision de sept milliards

Chez Citigroup, la chute du bénéfice net a atteint 46,5% sur un an à 2,5 milliards de dollars au premier trimestre, en raison d’une provision de 7 milliards de dollars pour parer aux éventuels impayés de ses clients en raison de la crise du coronavirus. Cette somme permettra de couvrir les futurs impayés des particuliers et entreprises susceptibles de ne pas honorer leurs mensualités, explique dans un communiqué la troisième banque américaine par actifs, qui a une importante activité de cartes de crédits à la consommation, selon l’AFP.

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Egalement au programme des résultats mercredi, Bank of America a annoncé un plongeon de 48,4% sur un an à 3,5 milliards de dollars de son bénéfice net au premier trimestre, une déconvenue là encore attribuée à la pandémie de coronavirus qui affecte les particuliers et les entreprises. La deuxième banque américaine par actifs a mis de côté 4,8 milliards de dollars pour couvrir ces défauts de paiements. C’est 3,6 milliards de dollars de plus comparé à il y a un an.

Marchés en baisse

Bank of America affirme avoir reçu plus d’un million de demandes de soutien de la part de particuliers, de PME et de grandes entreprises depuis l’annonce de mesures de confinement pour endiguer la propagation du Covid-19, précise l’AFP. Quelque 16 millions d’Américains se sont inscrits au chômage fin mars et début avril. Comme pour Goldman Sachs, les revenus des activités spéculatives se sont envolés de 34% à 4,6 milliards de dollars pour Citigroup. Le courtage des produits liés aux matières premières, obligations et devises (FICC) a enregistré un bond de ses revenus de 13% notamment.

Les investisseurs ont réagi négativement mercredi. Aux alentours de 17h (heure suisse), les indices Dow Jones et S&P 500 perdaient environ 2,5%, tandis que le Nasdaq abandonnait 1,7%. Mardi, les marchés américains avaient fini largement dans le vert (+2,39% pour le Dow Jones, +3,06% pour le S&P500 et +3,95% pour le Nasdaq) alors que JPMorgan et Wells Fargo avaient lancé la saison des résultats avec des chiffres similaires à ceux publiés mercredi.