La Banque centrale européenne (BCE) a annoncé une réduction de 2 à 1,5% de son taux directeur, amenant ce dernier à son plus bas niveau depuis la création de la monnaie unique. Il s’agit de sa cinquième baisse depuis octobre.L’institution de Francfort pourrait encore abaisser son principal taux directeur, a déclaré son président Jean-Claude Trichet.

La Banque d’Angleterre (BoE) a quant à elle ramené son taux de 1 à 0,5%, un niveau qui pourrait constituer un plancher en matière de baisse des taux, imitant les Etats-Unis dans cette fuite en avant en matière de relance monétaire. La plupart des analystes s’attendaient à ces mouvements de la part des deux banques centrales.

Arrivé en bout de course en matière de baisse des taux, la banque centrale britannique doit maintenant faire usage de moyen non-conventionnels pour tenter de stimuler l’économie et débloque un marché du crédit paralysé. Ces instruments que les économiste appellent «quantitative easing» ou assouplissement quantitatif, ont notamment été utilisés par la Banque du Japon au coeur de la crise déflationniste que l’Archipel avait affrontée il y a dix ans.

La BoE a ainsi assorti cet abaissement de ses taux d’un rachat d’obligations de 75 milliards de livres (125 milliards de francs) dans le courant des trois prochains mois. «Le plus surprenant, c’est que ce rachat concerne en particulier les obligations à long terme, explique un stratégiste de RBC Capital Market cité par l’agence Bloomberg. C’est une volonté de faire baisser les taux sur toute la ligne temporelle [ndlr: c’est à dire les taux pour des emprunts à court mais aussi à long-terme] »

Cette stratégie est une mesure de nature exceptionnelle. Elle consiste, en somme, à racheter - à l’aide d’argent frais spécialiement créé à cet effet - des emprunts d’Etats ou des obligations d’entreprises aux banques et sur les marchés, afin d’en faire augmenter les prix. L’objectif est toujours d’abreuver de liquidités le système financier, afin que celui-ci rechigne ensuite moins à accorder des prêts aux entreprises ou aux particuliers.

Mais l’assouplissement quantitatif est une stratégie qui n’est pas sans risque, puisqu’elle peut conduire à une inflation artificielle. Et pour une banque centrale, l’adopter peut aussi être le signe d’un tel désarroi qu’il revient à annihiler la confiance dans l’économie.Il s’agit aussi d’une stratégie qui repose sur le volume. Un assouplissement quantitatif insuffisant peut se révéler absolument sans effet. Mais dans ces circonstances exceptionnelles, personnes n’est en mesure de savoir ce qui relève du trop ou du pas assez.

Le président de la Banque centrale européenne, Jean-Claude Trichet, a déclaré aujourd’hui qu’il étudiait la possibilité d’avoir également recours à de telles mesures , sans donner plus de précision.