La banque de détail au défi de l’ère numérique

Etude Les instituts identifient les mutations en cours mais tardent lors de la mise en œuvre

En comparaison d’autres branches, la banque de détail n’a pas encore été entièrement transformée par les nouvelles technologies issues du Web 2.0. Malgré tout, l’environnement concurrentiel évolue rapidement dans ce domaine sous la pression de nouveaux acteurs ne provenant pas du secteur financier. Falk Kohlmann, responsable du centre de compétence Banking Trends & Innovation de Swisscom, cite quatre types d’acteurs qui concurrencent les instituts traditionnels dans la banque de détail: les «attaqueurs de banques» spécialisés dans un service précis (MoneyPark, Ayondo) et ceux qui proposent une offre universelle (Moven, Simple, Fidor). S’y ajoutent les nouveaux entrants issus d’autres industries comme Google, PayPal, Amazon ou Apple qui élaborent leurs propres services financiers. Puis, les marques distinctes de grands groupes qui ciblent la clientèle en ligne (Hello bank! de BNP, Money-net.ch de la BCBE).

Les banques de détail sont bien conscientes de cette évolution, constate une étude réalisée par Swisscom en collaboration avec l’Institut Business Engineering (BEI) de l’Université de Saint-Gall et le centre de compétence Sourcing. L’enquête présentée mercredi à Zurich se base sur les réponses de 22 instituts, incluant aussi bien des banques cantonales, de détail, des grandes banques ou des établissements étrangers. Près des quatre cinquièmes des établissements consultés déclarent ainsi évaluer les effets des technologies numériques sur leur rentabilité et leur modèle d’affaires. Et plus de la moitié (55%) ont déjà désigné des responsables chargés de ces questions. Par contre, seule une faible proportion est prête à les mettre en œuvre.

20% des innovations sont effectivement appliquées

Par exemple, si plus de 80% des instituts jugent les paiements de gré à gré («peer-to-peer») comme étant une technologie pertinente ou très pertinente, moins de 20% d’entre eux ont élaboré une offre dans ce domaine. Le financement participatif («crowdfunding») est jugé important par près de 60% des sondés, alors que moins de 20% d’entre eux ont prévu une initiative dans ce sens. Dans le conseil, la possibilité d’établir son propre profil à l’aide d’outils automatisés est jugée pertinente par quatre cinquièmes des sondés, alors que moins d’un cinquième d’entre eux ont mis en pratique cette approche. En moyenne, moins de 20% des innovations numériques sont mises en œuvre, constate Swisscom, qui entend jouer un rôle de facilitateur entre les banques et leurs clients dans ce domaine.