Une page est tournée pour le Credit Suisse au pays du Soleil- Levant. Une nouvelle s'ouvre pour les institutions financières étrangères dans l'archipel. La condamnation de la banque helvétique à 40 millions de yens d'amende montre d'abord que les autorités nipponnes ne sont plus décidées à passer l'éponge. Non contente de pousser le secteur bancaire à se restructurer, la FSA japonaise a gagné, jeudi, en crédibilité.

Ses recommandations et ses inspections ne peuvent plus être considérées à la légère. Le verdict du Tribunal de Tokyo prouve que le «big bang» financier nippon n'est pas seulement une affaire de fusions et d'acquisitions.

Que le «Credit Suisse» ait servi d'exemple est en revanche patent. La banque helvétique, que ses agissements passés n'honorent pas, n'a pas été la seule à aider ses clients à maquiller leurs bilans. Voir sa filiale CSFP seule sur le banc des accusés ne laisse donc pas de surprendre. D'autres enquêtes de la FSA ont révélé des abus similaires dans les filiales japonaises du Credit Lyonnais ou de la Deutsche Bank, pour ne citer qu'elles.

Mais les autorités japonaises savent le risque que feraient courir d'autres procédures pénales sur un secteur déjà très fragilisé. En ce sens, le jugement de Tokyo et l'empressement du Credit Suisse à obtempérer sont un modèle de compromis très japonais.