Davos en continu

Les banques doivent changer, avertit Axel Weber

La 43e édition du Forum économique mondial (WEF) s’est déroulée en 2013 à Davos, en présence de plus de 2500 personnalités, dont 40 chefs d’Etat et de gouvernement. Retrouvez dans cet article les impressions de nos envoyés spéciaux, les citations qu’ils ont recueillies et les entretiens qu’ils ont menés

SAMEDI 26 JANVIER

■ 19h00. Les banques doivent changer, avertit Axel Weber

La 43e réunion du Forum économique mondial (WEF) s’achève ce samedi, par une «Soirée on the Magic Mountain» en tenue de coktail à l’hôtel Schatzalp. Pour les banquiers, la semaine fut décontractée. Aucune séance n’était consacrée aux scandales qui ont animé 2012, du Libor au blanchiment d’argent en passant par la fraude fiscale.

Au moment de se projeter en 2013, à l’occasion de la dernière table ronde consacrée, Axel Weber a tout de même lancé un avertissement, reprenant des arguments qu’il avait avancés en début semaine, mais que bien peu d’autres banquiers ont repris à leur compte. Les banques doivent «revoir leur système de rémunération de telle manière qu’il soit accepté, sinon je crains un sévère retour de bâton de la société civile», a pronostiqué le nouveau président d’UBS.

Et l’Allemand d’enfoncer le clou: «Les banques doivent retourner à leurs activités de base, de service de paiement, de prêts, plutôt que de ne penser qu’à elles ou à leurs activités pour compte propre. Elles doivent prouver leur contribution.» UBS n’échappe à sa critique. «Nous ne sommes pas très bien en Suisse, mais nous changerons cela», a-t-il promis. (Frédéric Lelièvre)

■ 16h00. L’«Abenomics» expliqué à Davos La nouvelle politique monétaire du Japon annoncée mardi dernier (lisez aussi le décryptage de notre chroniqueur Jean-Pierre Béguelin) a fait l’objet d’analyses continues tout au long de la semaine à Davos. D’entente avec le gouvernement Abe, l’institut d’émission s’est engagé à tout faire pour pousser le taux d’inflation à 2%, alors que le Japon vit depuis quinze ans en déflation. D’entente ou de manière forcée? C’est tout le débat. Angela Merkel, la chancelière allemande, a voté, dans des termes diplomatiques, pour la seconde possibilité.

Ce samedi, ce fut au tour du Japon de s’expliquer. Akira Amari est venu présenter ce qu’il a appelé l’«Abenomics», la politique économique du premier ministre Shinzo Abe. Elle tient à la fois dans cette politique monétaire en quête d’inflation, et une série de mesures pour relancer la croissance, comme une accélération des reconstructions après le tremblement de terre de 2011. Le ministre de la revitalisation (redressement productif dirait-on sans doute à Paris) a certes déclaré que «à première vue l’on pourrait dire que [cela] va à l’encontre de l’indépendance de la banque centrale. Mais pas du tout. Elle a fait volontairement sa déclaration.»

A côté de lui, le président de la Banque du Canada, qui prendra cet été la tête de Banque d’Angleterre, faisait des sourires et s’agitait sur son siège comme pour dire qu’il ne partageait pas tout à fait ce point de vue. (Frédéric Lelièvre)

■ 13h00. Le réchauffement climatique, le nouveau combat de la Banque mondiale Et si la sécheresse (lire article du Temps publié le 2 août 2012 ) qui a frappé l’an dernier les Etats-Unis changeait la donne? Sans souhaiter que les catastrophes naturelles se reproduisent, Jim Yong Kim reconnaît que celles qui ont touché la première économie du monde, comme encore l’ouragan Sandy, facilitent la prise de conscience qu’un réchauffement climatique est bien à l’oeuvre. Le président de la Banque mondiale (BM), présent à Davos, a fait part de son «choc» lorsqu’il a lu les résultats d’un rapport publié par son organisation en novembre. «Mes enfants risque de vivre dans un pays où il fera 40 degrés», a déclaré l’Américain, interrogé en public son son programme.

La lutte contre la pauvreté a toujours été la mission historique de la BM. Pourtant, pour son nouveau président, en poste depuis juillet, ce combat passe aussi par celui contre le changement climatique. Parce que les pauvres sont ceux qui peuvent le moins s’adapter. Dans les pays à bas revenus, «lorsque le réchauffement provoque la hausse du prix de l’alimentation, les gens mangent moins, à commencer par les enfants», constate Jim Yong Kim.

La Banque mondiale va-t-elle continuer à financer des usines à charbon, une des premières responsables des émissions de gaz à effet de serre? «Nous devrons faire des choix difficiles, mais aussi tenir compte des besoins en énergie des pays», concède le président de la BM, en rappelant que les Nations émergentes (Chine exclue) n’émettent qu’un tiers des gaz à effet de serre produits par les économies développées. (Frédéric Lelièvre)

■ 11h00. Le dollar restera central encore longtemps selon Larry Summers Le Forum économique mondial achève ce soir sa 43e réunion annuelle, à Davos. Ce matin, la Chine domine l’agenda. Sa croissance, son nouvelle équipe dirigeante, et sa devise étaient au centre d’une table ronde à laquelle participait notamment Larry Summers. Pour le professeur à Havard «le dollar va rester central encore longtemps». Le renminbi n’est pas près, selon lui, de remplacer le billet vers comme monnaie de réserve internationale. Il manque encore à la devise chinoise un marché profond et liquide. Or «les Chinois sont très réticents à l’idée de permettre des flux rapides de capitaux entrants et sortants», analyse l’économiste américain.

John Zhao, directeur de Hony Capital, une société de private equity de Hongkong, appuie Larry Summers: «L’internationalisation du renminbi pourrait en faire un monnaie de réserve, mais à long terme seulement. En revanche, sa libre cotation sur le marché des devises pourrait intervenir vite. La Chine l’expérimente d’ailleurs dans une quinzaine de zones spéciales. (Frédéric Lelièvre)

VENDREDI 25 JANVIER

■ 15h00. Croissance ou austérité, un mauvais débat pour Mario Draghi «Je n’aime pas beaucoup ce débat croissance contre austérité, a expliqué Mario Draghi. La consolidation budgétaire est inévitable. Il ne peut y avoir de croissance durable [alimentée] par une dette sans fin. Cependant, je reconnais qu’un [assainissement des finances publiques] peut provoquer une contraction de l’activité à court terme.» Comment éviter cet effet négatif? Le président de la Banque centrale européenne apporte trois réponses. Un: mettre aussi en œuvre des réformes qui stimulent la compétitivité. Deux: bien doser l’assainissement des finances. «Très souvent, la consolidation est décidée dans des périodes de stress, sous la pression des marchés ou la montée des taux d’intérêt. Alors, la façon la plus rapide de réagir est d’augmenter les impôts et de réduire les investissements. Or cela augmente l’effet récessif.» Trois: l’hésitation coûte cher. Un plan clair, au contraire, «renforce la crédibilité», qui peut faire diminuer les taux d’intérêt. (Frédéric Lelièvre) ■ 11h00. Le coup de gueule de Jeffrey D. Sachs Le WEF à Davos, ce sont des débats où peut exploser la passion. Ce fut le cas vendredi, dans l’un des premiers débats de la journée, consacré aux partenariats privé-public dans le domaine du développement durable. Sont présents des ministres, des présidents de multinationales et experts.

La discussion démarre par l’énumération de principes sur une bonne collaboration entre le secteur privé et public, les ambitions des Nations Unies… Bref, un débat un brin théorique et très poli. C’était sans compter l’intervention de Jeffrey D. Sachs, directeur de l’Institut de la Terre de la Columbia University, l’un des meilleurs experts du développement. Voici en substance une transcription non autorisée (certaines discussions sont menées dans l’anonymat pour permettre aux participants une grande liberté d’expression).

Jeffrey D. Sachs nous pardonnera mais il y a des fois où désobéir est une nécessité. Le professeur Sachs en substance (propos raccourcis et agglomérés mais respectant sa contribution): «Quelles que soient nos ambitions, les mécanismes de marché ne parviendront pas à résoudre les problèmes auxquels nous avons à faire. Nous n’allons peut-être pas manquer de gaz mais qu’adviendra-t-il du climat? Nous ne faisons toujours rien pour lutter contre les émissions de gaz à effet de serre. Nous sommes aveugles, c’est incroyable et monstrueux.

«Toutes les études récentes montrent que l’instabilité climatique va s’aggraver, bien davantage que ce nous avions imaginé il y a quelques années encore. Nous aurions besoins de fonds pour investir dans la recherche, la technologie et pour construire des infrastructures élémentaires qui devront supporter trois milliards d’individus supplémentaires dans trente ans. Or, que fait-on? Il n’y a plus d’argent aux Etats-Unis pour cela, et bientôt plus en Europe. Le secteur privé ne parviendra pas à combler le gap; il est des domaines ou les mécanismes de marché ne peuvent pas fonctionner. Par exemple, il n’y a toujours pas de prix sur la tonne carbone, ni aucune incitation réelle à investir dans le bien public en général.

«Les initiatives des Nations Unies sont louables mais servent à peu de chose, à des rapports lus par des étudiants mais à presque rien d’autre car il n’y a pas de financement. En fait, le drame de tout cela, c’est que les scientifiques ne sont plus écoutés, à la table. Ce sont les intérêts particuliers, légitimes certes, qui disent aux politiciens ce qu’ils doivent faire. L’opinion de la communauté scientifique, si importante pour faire face aux problèmes que rencontre l’humanité, est de moins en moins écoutée et même visible. La politique est devenue une machine à réélection et à rien d’autre».

Jeffrey D. Sachs sera applaudi par l’assemblée. Et tous les propos qui suivront apparaîtront sans objet… C’est cela aussi Davos. (Pierre Veya)

■ 07h30. «La City, centre du blanchiment d’argent en Europe»

Qu’est-ce que la ity? Le centre financier de l’Europe?

«Non, répond Jacques Attali. C’est le centre du blanchiment de l’argent et de la fraude fiscale en Europe.» David Cameron souhaite justement cette année faire de la lutte contre ces délits un point fort du G8, qu’il préside. «Oui, il a compris que c’était l’un des gros problèmes pour la Grande-Bretagne.» (Frédéric Lelièvre)

Ecouter l’ensemble du Débat ici.

■ 07h00. Angela Merkel va changer d’avis sur l’austérité, promet George Soros

L’Allemagne a fait le minimum pour préserver l’euro, juge George Soros. Le milliardaire promeut sa fondation à Davos. Il avait convié la presse jeudi soir à un souper, à l’hôtel Seehof. «Angela Merkel a fait ce qu’elle devait faire en soutenant la politique de Mario Draghi», le président de la Banque centrale européenne, juge George Soros. Mais pas plus.

Pour le financier devenu philanthrope, les mesures d’austérité prises en Europe sont «contre-productives». La récession sévit dans plusieurs pays, et George Soros voit le risque d’une décennie de croissance perdue grandir.

Deux éléments pourraient cependant inverser ce processus. D’une part, «l’euro va se renforcer parce qu’il devient le dernier bastion d’une monnaie saine», en comparaison de ce que font les Américaines, et à présent le Japon en demandant à leur banque centrale de racheter la dette publique. Or cette force de l’euro «produira un impact sur l’Allemagne».

D’autre part, George Soros fait le pari qu’Angela Merkel changera d’avis après les élections (en septembre ou octobre). Peut-être même «un virage à 180 degrés», car c’est une «habile politique» qui, au fond, n’a pas un «avis tranché» dans ce débat austérité-croissance. (Frédéric Lelièvre)

JEUDI 24 JANVIER

■ 19h45. «Evitons le piège tendu par les Britanniques»

Pour Jacques Attali, président de PlaNet Finance, «un pays est toujours libre de ses engagements, mais il ne peut pas forcer les autres à négocier. Si j’étais en charge des affaires européennes aujourd’hui, je dirais aux Anglais: Vous pouvez faire le référendum que vous voulez, mais oubliez toute négociation. Tout le monde a le même statut.»

La zone euro, qui a donc sa devise et qui prépare son union bancaire, crée une Europe dont est exclue la Grande-Bretagne... «Elle n’a qu’à faire partie de l’euro, répond l’ancien conseiller spécial de François Mitterrant. Elle essaie d’avoir le contrôle sur ce qui se passe dans la zone euro sans en être. Non. Il ne faut pas tomber dans le piège de renégocier avec les Britanniques.» Et si la Grande-Bretagne sort de l’UE? «Ce sera son problème, pas celui de l’Union européenne», assure-t-il. (Frédéric Lelièvre)

Ecouter l’ensemble du Débat ici.

■ 17h45. David Cameron en croisade contre l’évasion fiscale

David Cameron n’a pu qu’applaudir le discours d’Angela Merkel (voir le post de 17h30), lui qui part en croisade contre l’évasion fiscale: «Ceux qui échappent aux impôts doivent se réveiller et sentir l’odeur du café.»

Dans la bouche du premier ministre britannique, une telle remarque est une menace qui fait implicitement référence aux agissements du géant du café américain Starbucks, accusé de montages financiers agressifs, que le premier ministre assimile à de «l’évasion fiscale» légalisée.

Si David Cameron se décrit en «vendeur enthousiaste» du capitalisme, il exige de nouvelles règles internationales et une plus grande transparence sur les flux financiers, notamment vers les pays en développement. Il en fera une priorité du G8 et promet que le temps de la complaisance est terminé. L’option d’un accord multilateral ou de l’échange de l’information doit être «explorée», a-t-il avancé. Devant un public constitué de nombreux chefs d’entreprise, il a pris soin de marteler ses convictions libérales et de dénoncer une Europe non compétitive, peu innovatrice, bref à la traîne. Il plaide pour un accord de libre-échange transatlantique et un «capitalisme assumé», le seul système dans l’histoire qui a permis de réduire la pauvreté. Mais, aux yeux de Cameron, le libéralisme repose sur des lois, un comportement loyal de tous ses acteurs, des impôts équitables mais «aussi bas que possible». «Celui qui n’en paie pas impose à l’autre un impôt plus lourd», dira-t-il. A Davos, David Cameron a séduit son public, largement acquis à sa cause en matière de politique économique. (Pierre Veya) ■ 17h30. L’Europe va mieux, selon Angela Merkel L’avenir de la Grande-Bretagne dans l’Union européenne passionne Davos. Et l’on attendait avec impatience Angela Merkel. Allait-elle répondre au discours de David Cameron, orateur hors-paire en grande forme devant les participants du WEF? La Chancelière allemande a préféré prendre ses distances, lâchant discrètement que «le marché unique n’est pas un self-service».

Certes, dira-t-elle, l’Europe doit être flexible mais l’approfondissement et ses buts initiaux demeurent intacts. Elle rejoint sur un point essentiel le premier ministre britannique: l’Europe n’est pas assez compétitive, elle doit s’ouvrir davantage au libre-échange, bref s’adapter au monde et non espérer l’inverse. Inquiète l’an passé à Davos, elle est aujourd’hui confiante. «Nous avons progressé».

L’avenir? «L’Europe doit poursuivre ses réformes structurelles», «négocier un pacte ce compétitivité» et apprendre à se rassurer.»Nous avons des institutions remarquables», un «modèle pour le monde entier», lancera-t-elle, comme pour s’excuser des accents trop économiques de son discours.

La Chancelière allemande a évidemment profité de la tribune de Davos pour répondre indirectement à ses détracteurs qui l’accusent d’une trop grande rigidité. Une certaine souplesse est nécessaire dans la mise en oeuvre des plans d’austérité mais pas question d’abandonner les plans de désendettement. Et elle avertit aussi ses partenaires: l’Allemagne veut remettre la concurrence au centre du projet européen. (Pierre Veya)

■ 13h30. Suisse et Grande-Bretagne, intérêts partagés

La possible sortie de la Grande Bretagne de l’Union européenne pourrait être intéressante pour la Suisse, juge Mark Pieth. «Le Royaume-Uni deviendrait pour nous un complice», imagine professeur à l’université de Bâle et spécialiste international des questions de lutte contre la corruption. Tout en rappelant que ces déclarations ne doivent pas faire oublier que les Britanniques voient «toujours d’abord leur propre intérêt».

David Cameron a d’ailleurs surpris l’assemblée de Davos par son discours très offensif contre l’évasion fiscale ou en faveur d’une plus grande transparence, notamment dans l’exploitation des ressources naturelles par les multinationales.

Mark Pieth sourit devant ces déclarations. «Il vient c’est vrai de monter une loi forte contre la corruption», admet le professeur. Il attend cependant avant de se réjouir car, dans le même temps, «le budget du Serious fraud office (ndlr: l’organe de luttre contre la fraude) a été réduit de 40%». (Frédéric Lelièvre)

■ 11h30. David Cameron, vendeur du capitalisme

Le premier ministre britannique David Cameron veut vendre la Grande-Bretagne à l’Europe et surtout son idée d’un capitalisme qui défend le libéralisme, l’ouverture des marchés, la transparence dans les flux financiers et des impôts aussi bas que possible.

Mais il plaide pour des règles et s’engage résolument à faire la chasse aux entreprises qui cherchent à éviter de payer des impôts. Il en fera un combat vigoureux du G8. A ses yeux, on ne peut plus tolérer des pratiques qui consistent à se soustraire légalement de l’impôt alors que d’autres en paient.

Sur l’Europe, il a dit sa confiance d’une union des volontés politiques mais s’oppose à toute idée d’une Europe unifiée et centralisatrice.

C’est un avertissement: la pression des Etats du G8 pour mettre fin aux exceptions fiscales ne va pas baisser mais au contraire augmenter. (Pierre Veya)

■ 10h30. Une Europe, avec la Grande-Bretagne, conseille Henry Kissinger

Henry Kissinger parlait juste avant David Cameron, avec Klaus Schwab. Pour le diplomate et politologue américain, «l’idée de l’unité européenne devrait être préservée».

Cependant, alors que depuis les années cinquante, cette unité a été recherchée à travers l’économie, elle devrait aujourd’hui se faire avec la politique. Cela dépend de la «volonté» des Européens et de leur capacité à faire des «sacrifices». (Frédéric Lelièvre)

■ 10h00. Ce qui manque à l’Europe

Le WEF a publié ce matin, avec le cabinet Roland Berger, un rapport (disponible ici) sur la compétitivité européenne. Ses conclusions coulent de source: stimuler l’innovation, la mobilité du travail et l’ouverture des marchés. Ses auteurs le reconnaissent. Cependant, ils soulignent que l’Europe se voit souvent dans un pire état qu’elle ne l’est en réalité. Par exemple, sur une échelle de 0 à 100 (du minimum au maximum), ils estiment son degré de libéralisme à 80%.

Deux autres obstacles majeurs posent en réalité problème à l’Europe, relève Bernd Brunke, de Roland Berger:

– Le temps nécessaire aux réformes et ensuite le moment où les pays pourront en récolter les fruits excèdent n’importe quel cycle électoral;

– L’Europe a besoin d’une vision d’ensemble, d’un but pour savoir où elle va.

Ce n’est de loin pas David Cameron, qui va s’exprimer sous peu, qui donne l’impression, à Davos, d’avoir cette hauteur de vue. Il lui est souvent reproché ici de créer de l’instabilité, alors que l’Europe commence juste à se remettre en ordre de marche. (Frédéric Lelièvre)

■ 09h30. Shell et Goldman Sachs, «pires entreprises de l’année»

Le géant pétrolier anglo-néerlandais Shell et la banque américaine Goldman Sachs sont les pires entreprises de l’année. Le premier a reçu jeudi en marge du WEF à Davos (GR) le Prix du public des Public Eye Awards et la seconde, le Prix du jury.

Shell a été élu avec 16 446 des près de 42 000 votes effectués sur Internet, ont indiqué Greenpeace Suisse et la Déclaration de Berne jeudi. Ce «prix de la honte» lui est remis pour son projet hautement risqué de recherche d’énergies fossiles en Arctique, région sensible.

«Le résultat du vote du Public Eye Award montre que le public garde un œil sur Shell et que le comportement scandaleux de cette société continuera d’être sanctionné par l’opinion publique», selon Kumi Naidoo, directeur de Greenpeace International, cité dans le communiqué.

«Goldman Sachs est non seulement l’un des principaux gagnants de la crise financière, mais, en outre, la banque occupe une place prépondérante dans le casino des matières premières: elle a conquis ces marchés pour en faire sa nouvelle source d’argent et commencé à déstabiliser les prix», explique Michael Baumgartner, président du jury des Public Eye Awards, dans le communiqué. (ATS)

■ 08h30. Davos se met en scène

Le grand écran accroché à l’entrée du Congress Hall, la plus grande salle utilisée au WEF ne sert pas qu’à diffuser l’image des accros au tweet en direct de Davos.

Ce matin, on y voit un montage de photos, plaçant le président de la Confédération au centre, à droite Christine Lagarde studieuse, à gauche Mario Monti interrogé par Klaus Schwab. L’écran est rafraîchi, dans un diaporama qui refait le fil des grands événements de la veille. Des visages décidés, d’autres souriants, puis soudain des jeunes, d’Europe, d’Asie, d’Afrique, micro à la main, posant une question qu’on imagine destinée à un «business leader». Le WEF se met en scène.

Soudain, le «Participant buzz» est de nouveau affiché. Le plus actif sur Twitter ces quatre dernières heures est Vali R. Nasr, doyen et professeur de relations internationales à la Paul Nizte School of Advanced International Studies, aux Etats-Unis. Sa dernière intervention porte sur les élections en Israël. (Frédéric Lelièvre)

MERCREDI 23 JANVIER

■ 18h00. La confiance africaine, les peurs des pays arabes L’intervention militaire de la France au Mali, les massacres de masse qui se poursuivent en Syrie hantent les débats à Davos. Les chefs d’Etat ou ministres se montrent toutefois très prudents. Ainsi, les présidents sud-africain et nigérian ont-ils salué l’intervention de la France dans une rencontre sur le plateau de la chaîne américaine CNBC. Mais ils se sont abstenus de tout jugement sur les risques réels. Seule Louise Arbour, ancienne haut-commissaire aux droits de l’homme, présidente de l’ONG International Crisis Group, s’est risquée sur le terrain politique le plus délicat: «Dans cette région, le risque est qu’une intervention militaire ne camoufle les revendications de groupes présents depuis longtemps et qui sont à l’origine des problèmes rencontrés.» Elle faisait référence aux Touareg et autres minorités, ballotés de part et d’autre de frontières artificielles. Attentif, le président nigérian Goodluck Ebele Jonathan s’en tiendra à une réponse lapidaire: «L’instabilité régionale provient du chaos créé en Libye.» Il a «salué l’intervention de la France, nécessaire pour contenir un risque de contagion». En fait, à Davos, les dirigeants africains n’ont aucune envie de parler des problèmes et risques de l’Afrique. «Je n’accepte plus cette manière de parler d’un continent qui depuis quelques années connaît les taux de croissance les plus élevés du monde.» C’est de business, de la création d’un éventuel grand marché intérieur dont ils voulaient parler à Davos, convaincus qu’une ère de longue prospérité est devant eux, en dépit des problèmes sociaux, politiques et environnementaux. Le Printemps arabe et la guerre civile qui ravage la Syrie se sont invités dans les débats dits régionaux. Dans un forum où toutes les discussions doivent demeurer confidentielles, plusieurs hauts dirigeants arabes ont dialogué sur les suites du Printemps. Pour constater que l’instabilité politique et l’incapacité des gouvernements en place à résoudre le problème du sous-emploi allaient probablement déclencher «de nouvelles crises», qui affecteront tout particulièrement les pays arabes importateurs de pétrole. Tous déplorent l’incapacité des pays arabes à aider concrètement les rebelles syriens, faute d’être d’accord sur un minimum de valeurs communes et piégés par des contrats d’armement qui leur interdiraient de réexporter des armes achetées aux pays occidentaux. Enfin, à leurs yeux, la Russie va payer très cher son soutien au régime de Bachar el-Assad, jamais son prestige n’a été aussi «déplorable», dira un haut dignitaire saoudien. ■ 15h00. L’Afrique, continent de la croissance Ne dites pas aux gouvernements africains que leur continent est risqué. La présentatrice de la chaîne américaine CNBC, Bronwyn Nielsen, en a encore les oreilles qui sifflent. Le président sud-africain Jacob Zuma et son collègue nigérian Goodluck Ebele Jonathan ont réfuté le thème même de la discussion: comment atténuer les risques en Afrique.

A leurs yeux, le continent réalise la plus formidable croissance économique de son histoire, avec une économie qui croît en moyenne de 5 à 6%. L’inflation y est en baisse et plusieurs pays ont réussi à améliorer leur processus électoral.

Abordant la question du Mali, tant Zuma que Jonathan considèrent que la France a eu raison d’intervenir. Pour Louise Arbour, présidente de l’International Crisis Group, l’intervention militaire risque toutefois de masquer des problèmes qui sont à l’origine de l’instabilité de la région.

Pour les présidents africains présents dans la salle, dont Paul Kagamé (Rwanda), la désintégration de la Libye est clairement la source principale du problème. Sans une intervention au Mali, le risque de contagion était évident. (Pierre Veya)

■ 14h15. Dmitri Medvedev: «Regardez-moi bien»

La Russie sous le feu de la critique. Le WEF a publié mardi une série de scénarios, tous assez pessimistes, sur l’avenir du pays présidé par Vladimir Poutine. Ce mercredi, le premier ministre Dmitri Medvedev est venu «contredire [ces] trois scénarios. Aucun ne me paraît réaliste», a-t-il déclaré dans la grande salle du centre des congrès.

Après plus de 30 minutes de discours, son ton est devenu un peu plus vif, direct. «On nous reproche souvent de vouloir reconstruire l’Union soviétique; ce sont des conneries. Regardez-moi bien. Ce n’est pas vrai», a-t-il proclamé.

Ce qui est vrai, en revanche, c’est que «le dialogue avec l’Europe piétine au sujet des visas. C’est inacceptable.» Dmitri Medvedev propose de supprimer ces visas pour faciliter les échanges économiques entre la Russie et l’UE. (Frédéric Lelièvre)

■ 11h45. Une régulation financière mondiale, un vœu pieux

Les financiers de Davos rêvent d’une régulation qui serait unifiée à l’échelle internationale. Ils souhaitent aussi moins de régulation. Min Zhu, le vice-directeur du Fonds monétaire international (FMI), a fait un bide lors d’une table ronde consacrée à l’état de la finance. Il a demandé à ceux, dans le public, qui défendaient davantage de règles pour les banques de lever la main. Presque personne ne l’a fait. «Ah, on voit bien que c’est Davos», a-t-il souri.

Tidjane Thiam, le directeur général de l’assureur britannique Prudential, a aussi fait ce commentaire: «Une régulation mondiale est souhaitable, mais bien difficile à atteindre. Ou pour être plus diplomatique, nous pouvons nous entendre sur des minima.» Bâle III reflète cette difficulté.

Cette règle définie à la Banque des règlements internationaux est en fait mise en œuvre différemment d’un pays à l’autre, a relevé Axel Weber, d’UBS. Par exemple, pour renforcer les fonds propres, «la Suisse mise sur les Coco (ndlr: un type d’obligation), la Grande-Bretagne sur un autre (bailing bonds). Aux Etats-Unis, c’est encore différent.» (Frédéric Lelièvre)

■ 11h30. La position d’economiesuisse sur l’Europe inchangée

economiesuisse ne change pas de position sur l’Europe, ni l’infléchit. On a pu croire en lisant les propos de Rudolf Wehrli, nouveau président d’economiesuisse, que les milieux économiques étaient favorables à négocier rapidement un accord avec l’Europe sur l’électricité, quitte à céder sur d’autres aspects.

Interrogé à Davos, le directeur d’economiesuisse, Pascal Gentinetta, précise que la position stratégique des représentants de l’économie privée n’a pas changé. Simplement, economiesuisse considère que l’accord sur l’électricité est le plus proche d’une solution équilibrée pour les deux parties, exigeant effectivement des concessions au niveau suisse et l’acceptation d’une ouverture du marché à la concurrence. Mais, selon lui, «il n’y a pas une urgence nouvelle à négocier à tout prix».

Interrogé sur le discours de David Cameron, Pascal Gentinetta estime qu’il s’agit d’«un élément important qui montre que l’architecture de l’Europe va évoluer. Sera-t-elle plus centralisatrice ou fédéraliste? Les mouvements à venir seront importants. C’est la raison pour laquelle nous pensons qu’il ne faut pas se précipiter tant qu’on n’aura pas une image précise de l’évolution européenne.» (Pierre Veya)

■ 10h45. Axel Weber et la stratégie des banques

Le débat fut parfois agité ce matin, entre banques, hedge funds, et FMI, à propos du contexte financier. Pour Axel Weber, président d’UBS, qui figurait parmi les intervenants, «les banques ont besoin de définir une nouvelle stratégie», d’une part, et «dans le même temps, trouver une solution pour régler le passé», d’autre part.

Et Axel Weber de citer l’accord dans le scandale du Libor, «un pas important» pour UBS, selon lui. La banque a accepté de payer 1,4 milliard de francs d’amende.

«La perception du public [à l’égard des banques] ne changera pas seulement quand nous aurons réglé le passé, avertit-il. Il y a aussi un problème de gouvernance à régler. Sinon, la réglementation augmentera encore.»

«Je suis très inquiet par la politique des banques centrales.» Axel Weber, aujourd’hui le premier banquier d’UBS, reconnaît n’avoir «guère changé d’avis» depuis qu’il a quitté son précédent poste, comme banquier central allemand, à la tête de la Bundesbank.

Les politiques ultra-accomodantes aux Etats-Unis ou en Europe «ne font que gagner du temps». Ces politiques étaient «nécessaires en 2007, 2008, 2009 et 2010. Cependant, les maintenir jusqu’en 2015 va provoquer de nouveaux problèmes. Je ne soutiens pas une solution de court terme si elle accroît les risques de long terme. Cette question n’est pas assez prise en compte et met en péril une sortie ordonnée [de la situation dans laquelle nous nous trouvons].»

Le débat devient parfois «absurde». Aux Etats-Unis, «le débat sur le plafond de la dette porte sur la façon de relever ce plafond, mais pas sur l’excès de dette!»… «En Europe, en Suisse, on essaie au contraire de trouver une façon de la réduire.» (Frédéric Lelièvre)

■ 10h15. Vers un prix mondial du gaz unifié

Dans un forum, le sous-secrétaire américain à l’Energie, Robert D. Hormats, prédit une révolution mondiale du gaz, comparable à celle qui s’est déroulée aux Etats-Unis, avec l’exploitation massive des gisements de schiste.

Les prix du gaz aux Etats-Unis sont cinq fois inférieurs à ceux de l’Europe et huit fois inférieurs à ceux du Japon. Selon son analyse, il faut s’attendre à un prix mondial du gaz unifié dans les prochaines années. Le potentiel d’exploitation du gaz liquéfié est en effet gigantesque, pour autant que les investissements suivent.

Tous les participants sont unanimes: l’exploitation des gaz et pétroles non conventionnels constitue une révolution dont on n’a pas encore pris la mesure, de même que la baisse constante de la consommation d’énergie dans les pays développés.

Le plus surprenant: les Etats-Unis font mieux que l’Europe en matière d’émissions de gaz à effet de serre. Personne ne l’aurait imaginé il y a trois ans encore. Enfin, pour un expert du gaz au Moyen-Orient, l’Irak a le potentiel de devenir le premier producteur de pétrole et de gaz au monde, devant l’Arabie saoudite. Les réserves d’hydrocarbures faciles à exploiter sont «phénoménales». (Pierre Veya)

Davos sur le pied de guerre

Des tireurs d’élite, des avions de combat, des kilomètres de fils barbelés, 3300 soldats… Davos est sur le pied de guerre. Mercredi matin, l’agence financière Bloomberg proposait une longue dépêche détaillant les «fusils snipers» disséminés sur les toits de la «station alpine», mais également les fils barbelés déroulés sur des «miles» à l’intérieur de la ville.

Mais les officiers suisses n’ont pas que la sécurité de Mario Draghi (président de la Banque centrale européenne) ou de Lloyd Blankfein (patron de la banque d’affaires Goldman Sachs) en tête. «Ils se préparent également à un autre scénario: une explosion de l’euro entraînant un chaos généralisé en Europe», affirme Bloomberg.

Détaillant ce «jeu guerrier» (war game), la dépêche rappelle que la Suisse n’a pas été en guerre depuis «la guerre civile du Sonderbund» en 1847. Davos fourni ainsi l’occasion de démontrer au monde entier que l’armée suisse est toujours prête, quoi qu’il arrive. Durant les cinq jours que durera le forum économique, pas moins de 3300 soldats protégeront les leaders présents à Davos. En outre, les forces aériennes sécuriseront un espace aérien de 46 kilomètres de diamètre au-dessus de la station alpine.

Il s’agit de la «seule grande opération réalisée par l’armée suisse cette année», note Bloomberg. (Valère Gogniat)

MARDI 22 JANVIER

20h00. A Davos, «des contacts, pas des contrats»

CP Gurnani souffle en s’asseyant pour son dernier entretien d’une journée marathon. Il est 20h passé, mardi soir au KaffeeKlatsch, sur Promenade (la rue centrale de Davos). Le directeur général de Mahindra Satyam, un des géants indiens, était lundi à Genève, pour voir un client important. Son groupe pèse plus de 2 milliards de dollars de chiffre d’affaires. Il propose des services informatiques pour, par exemple, permettre à une société suisse qui transforme du cacao de suivre sa marchandise tout au long de la chaîne de fabrication de ses produits. Ses concurrents s’appellent IBM ou Cap Gemini.

CP Gurnani sent le pessimisme exprimé par les patrons dans le sondage de PwC, mais il le relativise. «Tout le monde doit faire plus avec moins, c’est ainsi. Toutefois, il y a encore des marchés en forte croissance», note-t-il.

Pourquoi fait-il le déplacement à Davos, pour conclure des affaires? «Non, ici, on noue des contacts, on entretient des contacts, mais on ne passe pas des contrats. Maintenant, allons manger», conclut-il en se dirigeant vers le buffet du KaffeeKlatsch, entièrement réservé ce soir par sa société. (Frédéric Lelièvre)

A propos de contacts

Il fait un froid de canard sur la terrasse enneigée du KaffeeKlatsch, mais un serveur veille à ce que la fondue reste chaude. Voilà comment les contacts se nouent. Autour du caquelon, une discussion à trois s’engage en se demandant les uns les autres ce qui nous amène ici.

– Journaliste, je couvre le Forum.

– OK. Moi, je suis dans plusieurs affaires, en Arabie saoudite.

– Moi je suis très actif en Irak, dans le pétrole.

– En Irak? Cela m’intéresse. J’ai un projet là-bas pour un grand groupe américain.

– Ah oui? Je connais bien le pays, enfin le Nord, que j’arpente depuis dix ans. Tenez ma carte. Appelez-moi quand vous venez, je vous expliquerai deux trois choses. C’est tellement compliqué, surtout avec toutes ces religions.

– Entendu, merci.

Le contrat n’est pas encore signé, mais le contact est noué. (Frédéric Lelièvre)

19h00. La Grande-Bretagne et l’UE? «Nous voulons juste de la stabilité»

La question a fait sourire Dennis Nally, mais le président de PricewaterhouseCoopers (PwC) International n’a pas répondu s’il souhaitait, ou pas, que la Grande-Bretagne quitte l’Union européenne (UE). David Cameron, le premier ministre britannique, doit prononcer ce mercredi matin un discours sur la place de son pays dans une Europe où la zone euro veut créer son propre grand centre financier, actuellement à la City.

En revanche, le responsable de PwC a rappelé que «la Grande-Bretagne tenait un rôle important dans l’économie mondiale» et que l’UE était «le plus grand marché du monde». Dennis Nally espère qu’une bonne manière de régler les relations entre Londres et Bruxelles sera trouvée. «Les entreprises ont besoin de stabilité pour investir, pas d’incertitude», a-t-il souligné. (Frédéric Lelièvre)

18h15. Dix ans pour corriger l’image des banquiers

Roland Schatz a loué le salon Rotary du palace Steinberger, au cœur de Davos. Le fondateur de la société de conseil Media Tenor a voulu marquer le coup pour son premier des quatre «reputation lab» qu’il organise cette semaine pendant l’assemblée du Forum économique mondial.

Réputation? Roland Schatz estime, d’expérience, qu’il faut neuf mois pour corriger quatre mois consécutifs de mauvaise presse: «Les banques viennent de traverser quatre années de chute de leur réputation. Il leur faudra peut-être 10 ans pour s’en remettre.» Lorsqu’il leur parle de ce souci, les banquiers lui répondent souvent: «Une fois que nous aurons redressé notre rentabilité, cela s’améliorera.» Ils se trompent, estime-t-il. La défiance est bien plus profonde. Elle est sectorielle, et frappe aussi les autorités de surveillance.

Que faire alors? Diminuer les bonus ne suffira pas. Il faut «créer de la transparence, interne et externe, pour regagner la compréhension et la confiance du public», répond-il. (Frédéric Lelièvre)

18h00. Davos et les tweets de Mario Monti Les participants affluent dans la station grisonne pour le Forum économique mondial (WEF). Le forum innove cette année avec la grande importance accordée aux réseaux sociaux, et en particulier la création d’un mur où défile le visage de ceux qui envoient le plus de tweets. Ceux de Mario Monti, le premier ministre italien figurent parmi ceux qui ont été les plus échangés. Davos, c’est cela, la vitrine des congrès les plus à la mode de la planète. Il ne reste plus qu’à attendre que le contenu soit à la hauteur des ambitions. (Pierre Veya)

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