L'épargnant se préoccupe de la qualité du bilan de sa banque. Il en va de même de l'investisseur en structurés à l'égard des émetteurs de produits. L'initiative de l'Association suisse des produits structurés (ASPS), qui publiera la solvabilité de ses 17 membres chaque semaine (sur http://www.svsp-verband.ch), va dans le bon sens. Les notes des agences de rating, fréquemment bousculées par l'actualité, s'accompagnent de l'écart de taux d'intérêt, un indicateur pertinent de la qualité du crédit de la banque.

Une telle analyse, qui sera publiée sur le site de l'association, n'est certes pas une première en Europe. Le marché allemand indique aussi de tels indices de solidité. Mais le geste est salué par les professionnels et investisseurs rencontrés vendredi à l'occasion de la Foire des produits structurés, à Zurich. Une manifestation qui logiquement regroupe moins de visiteurs que l'an dernier, mais qui permet de rassurer à un moment de doute profond.

L'affaire Lehman Brothers a rappelé qu'un produit structuré comportait une composante obligataire. «Il importe donc de gérer son portefeuille de produits structurés comme un portefeuille obligataire», selon un exposant.

Le tableau publie les écarts de taux des membres: plus le différentiel de taux est bas, et plus l'émetteur est solide aux yeux des investisseurs. Comme l'observation se fonde sur un marché très liquide, il exprime au mieux la solvabilité en temps réel.

Des instituts qui ne sont pas membres de l'ASPS, tels que BNP Paribas, ne figurent pas dans le tableau.

Certains émetteurs n'ont pas de note. Il s'agit habituellement de banques privées, lesquelles n'ont en principe pas besoin d'un rating dans leurs activités. Elles profitent certes de leur structure de gouvernance puisque les associés sont personnellement et sans limites responsables sur leur fortune. C'est aussi le cas de la BCV et de ZKB, fortes de la garantie d'Etat.

Société Générale en tête

Dans les turbulences actuelles, certaines banques sont l'objet d'un rachat ou d'un sauvetage par l'Etat. L'écart de taux varie donc très fortement d'une semaine à l'autre. ABN Amro par exemple a été repris par Fortis, Santander et RBS. Elle changera de nom l'an prochain en RBS. Mais la société notée est ABN Amro. Fortis et RBS ont obtenu le soutien du gouvernement. Mais un professionnel explique la complexité d'un jugement sur le crédit, en raison des différences de soutien d'Etat à Etat. Parfois la garantie porte sur un an, parfois sur 3 ans.

Actuellement, le différentiel le plus bas à un an au sein de l'ASPS est celui de la Société Générale (49 points de base). La banque française est donc la plus solvable devant Dresdner Bank et ABN Amro. Mais l'écart à 5 ans le plus bas appartient à Dresdner Bank, toujours filiale d'Allianz, devant ABN Amro et Société Générale.