Les comptes 2007 des banques étrangères en Suisse, présentés hier à la presse à Zurich, ne portent aucune trace de crise financière. Le bénéfice des 152 instituts de l'Association des banques étrangères en Suisse augmente de 39%, à 4,5 milliards de francs. C'est même une accélération par rapport à la progression de 25% l'année précédente, déclare Martin Maurer, directeur de l'association.

En 2007, l'emploi a progressé de 8%, le double de 2006, si bien que l'effectif total des banques étrangères atteint 19254 personnes en Suisse (+7,8%) et 3243 à l'étranger - c'est-à-dire recrutés à partir de la Suisse (+22%). C'est le deuxième employeur bancaire derrière les grandes banques.

La progression est spectaculaire à l'étranger. Mais en Suisse l'effectif s'est également accru. La croissance des activités de gestion de fortune est forte en Asie. «Une banque préfère ouvrir une filiale à Singapour plutôt qu'à Genève», selon Eduardo Leemann, président de AIG Private Banking.

En cinq ans, les banques étrangères ont toutefois créé 3632 emplois en Suisse. Sur la place de Genève, elles emploient 9025 personnes, contre 6416 à Zurich, 2558 au Tessin et 1697 dans le reste du pays.

Ainsi l'organisation regroupe 15% des emplois bancaires suisses, 17% des revenus et 2% de la valeur ajoutée. Les impôts versés atteignent 1,15 milliard de francs (+41%) et les actifs sous gestion 1170 milliards de francs (+9%). L'argent frais est estimé à 50 milliards de francs. Il n'y a aucun effet statistique extraordinaire, précise Martin Maurer. Certes la Banque Sarasin appartient dorénavant à ce groupe de banques, mais ses chiffres n'ont pas été pris en compte.

La Suisse n'est pas une oasis fiscale

Sur la fiscalité, Alfredo Gysi, président de l'Association des banques étrangères en Suisse, déclare qu'au contraire de beaucoup de pays membres de l'Union européenne, la Suisse n'a pas introduit de directives spéciales pour les étrangers afin d'attirer des non-résidents. «Nous n'employons que les lois nationales intraterritoriales», explique-t-il en ajoutant que la Suisse n'est pas une oasis fiscale.

Les pays voisins ont développé leur système fiscal en pleine connaissance de cause du système suisse. «Il est politiquement assez simple d'accuser la Suisse de ses propres erreurs politiques, mais sur le fond c'est inadéquat.» Et d'ironiser: «Il ne peut exister d'oasis fiscales que là où s'étend un désert fiscal». Les représentants des banques étrangères en Suisse estiment «déplacées» les attaques et les arguments contre le système suisse.

«Pourquoi maintenant?»

En outre, contrairement à Singapour, Hongkong, Macao ou les Bahamas, la Suisse soutient l'Union européenne à travers son rôle dans l'accord sur les revenus de l'épargne. A l'époque, aucune critique n'était venue d'Allemagne. «Pourquoi maintenant?» demande Alfredo Gysi. L'association soutient les efforts en vue de créer un «centre du savoir» des produits financiers en Suisse. Et appuie la volonté d'accorder les moyens nécessaires à la Finma.