Pourquoi devons-nous sauver les banques étrangères qui ont accordé des crédits faramineux et de façon irresponsable? Les journaux et les blogs irlandais posent la question avec insistance ces jours, faisant remarquer que les créances au premier trimestre 2010 se montaient à 844 milliards d’euros, soit cinq fois le produit intérieur brut (PIB) du pays. Ces chiffres publiés par la Banque des règlements internationaux n’incluent pas les sommes avancées par les caisses de pension, les fonds alternatifs ou par des grosses fortunes mondiales.

Dans le détail, l’Etat irlandais a eu recours aux banques étrangères pour 29,9 milliards d’euros pour les dépenses publiques. A titre de comparaison, la Grèce a contracté 92,5 milliards pour des créances totales de 297 milliards. Les prêts banque à banque s’élevaient à 169 milliards.

Un blogueur connu et hébergé chez Reuters en Irlande suggère que les créanciers assument une part des responsabilités de la crise. Concrètement, ils veulent que le gouvernement négocie le remboursement avec un rabais. Selon eux, les banques ont prêté sans faire attention aux fondamentaux économiques du pays et des institutions financières. Ils font remarquer que c’est en injectant de l’argent pour maintenir les banques irlandaises à flot que l’Etat a creusé son déficit budgétaire à 32% du PIB. Ils affirment aussi que le robinet du crédit est resté ouvert bien encore en 2009 alors même que l’économie était déjà entrée en récession.

John FitzGerald, professeur au Centre de recherches économiques et sociales à Dublin, estime que le pays est capable de se redresser, mais est forcé d’accepter une aide pour sauver la zone euro. «Vous ne pouvez pas régler la crise de l’euro sur le dos irlandais», a-t-il dit au Financial Times de mardi.