Outre la négociation des accords fiscaux avec l’Allemagne, l’Autriche et la Grande-Bretagne et le différend fiscal avec les Etats-Unis, la stratégie dite de l’argent propre fait aussi débat dans le secteur bancaire. Pour Alfredo Gysi, le président de l’Association des banques étrangères en Suisse (ABES), cette approche n’est acceptable que si elle est liée à de strictes conditions. «La stratégie de l’argent propre propagée par la politique doit être une stratégie qui rend la place financière suisse attrayante. Or, ce n’est pas le cas», a souligné le président de l’association qui représente les intérêts des 141 banques étrangères en Suisse mercredi à Zurich. Deux arguments sont mis en évidence par le président de la BSI: premièrement, la stratégie de l’argent propre, qui obligerait les clients étrangers à signer un document confirmant que leurs avoirs sont imposés, n’atteindra son objectif que si la Suisse offre des conditions-cadres concurrentielles au plan international. «Sinon, les avoirs imposés ne viendront pas en Suisse et les fortunes régularisées seront retirées», prévient-il.

Deuxièmement, la Suisse ne doit pas entreprendre des démarches de manière isolée. «Si l’auto-déclaration est jugée comme la bonne mesure, la Suisse doit alors soumettre cette proposition à l’OCDE. L’auto-déclaration ne devrait être une obligation qu’à partir du moment où elle devient un standard et qu’elle bénéficie d’une acceptation internationale. Ainsi, la Suisse conserverait sa capacité concurrentielle», a-t-il affirmé.

Au sujet du conflit fiscal qui oppose la Suisse et les Etats-Unis, Alfredo Gysi a jugé qu’il faut résoudre la situation des 11 banques qui sont dans le collimateur de la justice américaine. «Toutefois, cela ne suffira pas», a-t-il averti. En effet, avec chaque nouvelle livraison de données aux autorités américaines, de nouvelles banques sont ensuite visées par les Etats-Unis. Selon lui, il est plus nécessaire que jamais de trouver une «solution globale» pour l’ensemble du secteur. La transmission de données de collaborateurs de banques aux Etats-Unis, notamment celles concernant des employés de HSBC en Suisse, était-elle correcte? Alfredo Gysi estime qu’il s’agit d’une «question spécifique» à HSBC. Elle démontre toutefois précisément la nécessité de régler le différend fiscal dans le cadre d’une solution globale.

Quant aux accords fiscaux soumis hier au Conseil national, Alfredo Gysi a affirmé que l’impôt libératoire «n’est pas une solution de transition». Selon lui, cette approche est même «supérieure» à celle de l’échange automatique d’informations, lequel n’est pas une norme internationale, a-t-il rappelé.

Globalement, les banques étrangères en Suisse ont «résisté» à la crise en 2011. Les 141 établissements ont vu leur bénéfice annuel augmenter de 4% l’an dernier. Leurs avoirs sous gestion ont en revanche reculé de 5% à 860 milliards de francs. Leurs effectifs ont fléchi de 1% l’an dernier pour atteindre près de 20 000 personnes. Avec 9468 emplois, la place financière de Genève représentait 36% des effectifs des banques étrangères en Suisse, contre 23% pour celle de Zurich.

En 2011, les 141 banques étrangères ont vu leur bénéfice augmenter de 4%