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Les banques européennes sont fortement enrhumées

La véritable santé des instituts européens sera connue vendredi à la publication des tests de résistance de la BCE. D’ores et déjà, il apparaît que d’énormes écarts seront dévoilés

Les résultats des banques américaines ont été légèrement meilleurs que prévu. Les regards sont maintenant rivés sur la publication des tests de résistance, ce vendredi, réalisés par la Banque centrale européenne sur les banques européennes. Ils permettront la distinction entre les instituts nécessitant un apport de fonds propres et les autres. Si les cours des actions constituent un baromètre adéquat de l’évolution de la rentabilité, les banques se portent mal. En un an, l’indice STOXX Europe 600 Banks a baissé de 38% et depuis le début de l’année de 27%.

Pénalisées par la conjoncture et les taux

La poursuite de la baisse des taux d’intérêt est la raison principale de cette détérioration. Elle s’est traduite par une diminution de la marge d’intérêt. La moindre activité des investisseurs et des entreprises n’a rien arrangé, pas plus que le Brexit et ses effets potentiellement négatifs sur la conjoncture.

Depuis le début de l’année, les analystes ont réduit de plus de 30% les perspectives de bénéfices des 70 plus grandes banques européennes pour l’année 2016. Au deuxième trimestre, les résultats nets devraient baisser de 5,4%, selon le Financial Times.

«L’attention se porte maintenant sur l’exercice comptable 2017. Les analystes s’attendent à un rebond des bénéfices bancaires de 23%, mais je vois mal comment elles y parviendront», a indiqué au quotidien britannique James Chappell, analyste auprès de Berenberg.

L’Italie sous les projecteurs

La santé des banques diffère selon les pays et entre les instituts du même pays. La plupart des analystes craignent le pire pour l’Italie. Monte dei Paschi di Siena devrait probablement lever de nouveaux fonds, mais le débat porte sur le montant et sur les moyens utilisés, sachant qu’ils doivent répondre aux exigences européennes. Toute la péninsule souffre. Banco Popolare paraît également vulnérable, selon une étude de Morgan Stanley. Le fardeau des créances douteuses, estimé à 360 milliards d’euros, correspond à 20% du PIB italien et 17% des crédits. En Grèce, ils représentent 47% des prêts, au Portugal 19%, en Irlande 18%, selon une étude de Standard Life.

Les banques italiennes souffrent non seulement d’un retard dans leur restructuration, mais aussi d’une croissance plus faible qu’ailleurs. Plus le PIB est à la peine et plus les crédits douteux sont élevés. Les banques portugaises sont aussi dans le mauvais camp. Lisbonne négocie avec Bruxelles le meilleur moyen de recapitaliser la plus grande banque du pays, Caixa Geral de Depositos, un institut public.

La Suède fait exception

Dans le premier pays de la zone euro, l’Allemagne, Deutsche Bank, dont le premier actionnaire est devenu le Qatar (10%), peine aussi à relever ses fonds propres. Sa notation a été réduite récemment par l’agence S&P.

Par contre, la Suède se porte comme un charme. Le «Financial Times» de samedi observe que le rendement des fonds propres des banques suédoises dépasse 10%. «Elles ont pris elles-mêmes leur destin en main», juge le quotidien. La Suède a aussi l’avantage d’une croissance économique double de la moyenne européenne et d’une politique monétaire indépendante.

Mais du nord au sud, tout le monde baisse les coûts ou se réorganise, d’autant plus depuis le Brexit. Barclays a supprimé 11 000 de ses 130 000 emplois et cherche à porter le nombre à 80 000. BBVA, en Espagne, a supprimé 1500 emplois. La Société Générale, Unicredit et Lloyd’s coupent aussi dans leurs effectifs.


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