L’union bancaire, qui doit restaurer la confiance envers le système financier de la zone euro, n’a jamais été aussi proche. Dimanche prochain, à midi, la Banque centrale européenne et les autorités européenne de surveillance bancaire communiqueront les résultats d’un test fort attendu. 130 banques doivent passer un examen réparti en une analyse des positions à risque et une simulation des effets d’une crise sur leur bilan. L’opération est une condition nécessaire avant que la BCE ne prenne elle-même la responsabilité de la surveillance des banques à partir du début novembre.

La tension est vive. Au sein des autorités allemandes, il sera interdit de prendre congé le lundi dans huit jours, indique le site cash. Les banques elles-mêmes apprendront jeudi déjà si elles réussissent ou non le «stress test».

La forte correction boursière des derniers jours n’est ni liée à la zone euro ni à ce test, même si le rendement des obligations à dix ans de la Grèce s’est très fortement accru. Dans la Frankfurter Allgemeine, le nouveau prix Nobel d’économie, Jean Tirole, estime qu’ «une attaque des marchés financiers français est possible». Il explique que ce n’est pas tant le niveau de la dette qui importe si l’on cherche à augmenter la confiance des marchés que la capacité de faire des réformes. Sous cet angle, la France n’a pas avancé, au contraire de l’Allemagne, indique-t-il.

Mais le retour en récession de plusieurs pays de la région et les nouvelles tensions boursières ne contribuent pas à restaurer la confiance dans les pays périphériques de la zone. Le professeur Hans-Werner Sinn, chef de l’institut Ifio, a par exemple estimé que 67 milliards d’euros avaient quitté l’Italie en août et septembre. Autant que durant les chaudes heures de 2011. Il ne prévoit pas nouvelle crise, mais une longue phase d’instabilité sans véritable croissance économique.

Les banques périphériques ne sont pas les seules à se faire du souci. Selon le blog Zero Hedge, lequel s’appuie sur un article du Handelsblatt, le quotidien allemand des affaires, quatre banques allemandes peineraient à passer le test. Trois d’entre elles sont nommées: HSH Nordbank, IKB et MunchenerHyp. Selon Zero Hedge, cela représente une part significative de la finance allemande. La BCE ne peut pas leur refuser leur diplôme sans provoquer des vagues, ajoute le blog spécialisé. Certes, ni Commerzbank, ni Deutsche Bank n’en font partie. Mais cela correspond à une banque sur six au sein des 24 sous revue.

Le débat porte aussi sur le calendrier de l’union bancaire. Ognian Hishow, chercheur auprès de la fondation Science et Politique (SWP) écrit dans la Handelsblatt que l’union bancaire «arrive trop tôt». «Dans l’idéal, mieux vaudrait attendre la normalisation de la politique monétaire de la BCE et la fin du renforcement des fonds propres des banques européennes», fait-il valoir. Il n’y aura pas de solution idéale. Rendez-vous est pris pour dimanche à midi.