La situation financière des banques italiennes s'aggrave de jour en jour. Les actions bancaires ont poursuivi leur chute. Banca Monte dei Paschi a de nouveau perdu 10% mardi, soit 76% cette année. Les rumeurs d’un troisième plan de sauvetage de la plus ancienne banque de la péninsule se multiplient. L’action UniCredit, la seule grande banque italienne, a perdu 63% depuis début janvier.

Les craintes des investisseurs sont réelles: les créances douteuses des banques italiennes dépassent 360 milliards d’euros (environ 390 milliards de francs), selon Bloomberg. Elle correspondent à 20% du produit intérieur brut (PIB) du pays et à la moitié des prêts en difficultés de la zone euro. Ces créances ont quadruplé depuis 2008 et continuent d’augmenter.

Les raisons de l’absence de rentabilité du système bancaire italien sont nombreuses, à commencer par des effectifs et des succursales pléthoriques, selon les analystes. Le cadre institutionnel complique la gestion des crédits douteux. Il faut en moyenne huit ans pour qu’une procédure de faillite aboutisse, relaye le Wall Street Journal.

Un lien direct entre les banques et l’Etat

Les critiques, particulièrement bruyantes en Allemagne, reprochent aux instituts italiens d’avoir attendu une reprise économique plutôt que d’agir. Selon la Frankfurter Allgemeine, neuf des quinze banques italiennes n’avaient pas réussi le test de résistance effectué par la Banque centrale européenne (BCE) en 2014, jugé pourtant trop laxiste à l’époque. Rien ne s'est produit par la suite, ou si peu. La plupart des banques italiennes ont par exemple continué à verser un dividende.

Le sort de l’Etat italien est directement lié à celui des banques locales. Les banques italiennes détiennent 400 milliards d’euros d’obligations souveraines, soit 21% du total, contre 12,1% en 2007, selon l’Institut Bruegel. D’ailleurs le rendement des obligations souveraines italiennes a dépassé celui des titres espagnols pour la première fois en un an.

Tous les épargnants sont menacés. 187 milliards d’euros d’obligations bancaires italiennes sont aux mains du grand public. Un suicide a déjà fait la une des médias après qu’un retraité ait perdu 110 000 euros investis dans l’une des banques. Cette situation empêche le gouvernement de proposer une recapitalisation par «bail-in» puisqu'elle ferait supporter son refinancement par ses créanciers. Un éditorialiste du Financial Times demande à la BCE de «ne pas être intransigeante» sur le respect des règles de sauvetage. Or le président de la BCE n’est autre que Mario Draghi, lequel avait présidé la Banque d'Italie de 2006 à 2011.

Comme Matteo Renzi, le premier Ministre italien, a promis de se retirer s’il perdait le référendum prévu en octobre sur la réforme des institutions, un risque politique s'ajoute au risque bancaire. Mardi, un sondage indiquait que les adversaires de la réforme étaient plus nombreux (34%) que ses partisans (28,9%). Une défaite relancerait le débat sur la monnaie unique et provoquerait une récession, selon les analystes, donc une détérioration des bilans des banques. Encore


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