Dans les banques, les universitaires disposent d'une vaste palette de formations continues. En revanche, les collaborateurs au bénéfice d'une formation professionnelle sont nettement moins gâtés. Ils n'ont droit qu'à de rares offres de perfectionnement dans les domaines bancaires et financiers.

Pour réparer cette injustice, l'Association suisse des banquiers (ASB) a lancé en 2003 un appel d'offres de formation. L'objectif: créer un programme généraliste de haut niveau à l'attention des détenteurs de CFC, de maturités professionnelles ou de diplôme de commerce.

La condition pour participer à cette initiative d'envergure nationale était de réunir des institutions des trois régions linguistiques. «Nous voulions disposer d'un cursus standardisé au niveau suisse, avec partout la même structure et les mêmes contenus, et ce dans les trois langues nationales», indique Thomas Sutter, porte-parole de l'ASB.

L'Ecole supérieure spécialisée en banque et finance AKAD* a remporté le morceau. Elle regroupe des centres d'enseignement, comme l'Institut supérieur de formation bancaire (IFSB) à Genève, l'Institut de formation bancaire et financière supérieure à Lausanne, le Centro di Studi Bancari à Lugano et Kalaïdos Bildungsgruppe Schweiz. Le programme sera lancé en septembre et débouchera sur l'obtention d'un diplôme en économie bancaire ES, reconnu au plan fédéral.

«Notre ambition est de mettre à la disposition des établissements bancaires de Suisse une formation généraliste de haut niveau, incluant aussi bien les compétences techniques que le savoir-être, explique Joëlle Frick Mühlemann, directrice de l'IFSB.» Toutefois, le candidat ne peut pas se présenter librement, il doit être envoyé par son employeur ou son chef de service qui le libérera un après-midi ou un jour par semaine.

Le programme compte 1080 heures de cours réparties sur trois ans. Il aborde tous les métiers de la banque, du crédit à la gestion des risques en passant par la banque d'investissement, le commerce des titres, la trésorerie et la gestion de fortune.

La première année, par exemple, comportera des enseignements comme les mathématiques, la comptabilité, l'économie politique, le droit, ainsi que des cours pour apprendre à apprendre et pour affiner son comportement social. «C'est un programme musclé et très complet, un immense ballon d'oxygène pour les collaborateurs concernés, se réjouit Jean-François Demole, associé gérant de la Banque Pictet et président du conseil de l'IFSB. Notre branche est toujours plus complexe et le niveau des connaissances s'élève d'année en année. Les diplômés de cette nouvelle école auront les compétences pour répondre à cette complexité.»

Le principal atout des diplômés de l'Ecole supérieure de banque et finance sera leur polyvalence. Joëlle Frick Mühlemann en est convaincue: «Ils auront acquis une mobilité transversale, qui leur permettra d'accéder à des postes à responsabilité dans tous les métiers de base, de la banque de détail au family office, qui concerne la gestion du patrimoine des familles fortunées.»

*http://www.akad.ch/banking+ finance