«Même une lecture rapide des chiffres permet de voir qu’en cette période économique difficile les rémunérations des banquiers ont perdu tout lien avec les résultats financiers des banques», déplore le rapport préparé par les services du ministre de la justice de l’Etat de New York, Andrew Cuomo.

Les primes versées par les banques Goldman Sachs, Morgan Stanley et JP Morgan Chase ont dépassé les bénéfices de ces sociétés, remarque le ministère.

Goldman Sachs a versé l’an dernier 4,8 milliards de dollars de primes à ses cadres, soit plus du double de son bénéfice de 2,3 milliards. Chez Morgan Stanley, les primes ont représenté 4,475 milliards, alors que les bénéfices n’ont pas dépassé 1,7 milliard.

Chacune de ces banques a cependant reçu 10 milliards du contribuable pour l’aider à traverser la crise financière après la faillite de leur concurrente Lehman Brothers le 15 septembre 2008. JP Morgan qui a reçu 25 milliards de l’Etat, a versé 8,6 milliards de primes, pour un bénéfice de 5,6 milliards seulement.

Citigroup et Merrill Lynch, qui ont chacune perdu plus de 27 milliards, ont quand même trouvé le moyen de verser respectivement 5,33 et 3,6 milliards de primes, selon le rapport. Pendant ce temps, à Washington, la Chambre des représentants s’apprêtait vendredi à discuter d’un projet de loi destiné à limiter la rémunération des dirigeants de grandes entreprises.

Ce projet, adopté cette semaine par la commission des finances de la Chambre par 40 voix contre 28, permettrait aux actionnaires de se prononcer sur les avantages dont bénéficient les patrons, comme les «parachutes dorés» remis en cas de départ de l’entreprise.

Il permettrait aussi aux autorités d’interdire les systèmes de rémunération encourageant une prise de risque excessive.