Comme «les banquiers privés se sont toujours concentrés sur la gestion de fortune, qui n'influence que peu la taille du bilan et qu'ils n'ont jamais développé l'activité de crédit, ils étaient en quelque sorte avantagés en matière d'exigence sur les fonds propres sous le régime de Bâle I», explique Rudolf Leutwiler, Chief Financial Officer de Lombard Odier Darier Hentsch (LODH) et qui a suivi de près les négociations de l'accord à l'ASB.

Le nouvel accord va changer cette situation, avec l'introduction du risque opérationnel au niveau des exigences de fonds propres. S'il ne conteste pas la prise en compte de ce risque, Rudolf Leutwiler estime en revanche que «les méthodes prescrites pour le calculer peuvent être remises en question». Car malheureusement «personne n'a encore trouvé un système fiable pour quantifier les risques opérationnels».

Un sentiment que partage Daniel Wanner, responsable des finances chez Pictet: «Il se pose un problème de mesure statistique du risque opérationnel car certaines de ses composantes, comme le risque d'image, ne sont pas chiffrables, à la différence du risque de crédit.»

Pratiquement, LODH dispose d'un conseil de surveillance des risques qui s'assure de la bonne mise en place des structures de gestion et de contrôle des risques dans les domaines de la compliance, de l'audit interne, du négoce et des activités financières et opérationnelles. «Nous disposons de structures de contrôle des risques opérationnels depuis près de 15 ans, précise Rudolf Leutwiler. Avec le recul, cette expérience nous démontre que les coûts relatifs aux risques opérationnels représentent une part négligeable de notre volume d'affaires.»

Chez Pictet, une cellule de gestion des risques, créée en tant que telle, et qui dépend de l'associé responsable des aspects financiers de la banque s'assure de la maîtrise du risque opérationnel au sein de la banque.

D'après leurs estimations, ces deux responsables s'attendent à ce que les banques privées ne doivent pas augmenter leurs fonds propres du fait des nouvelles exigences de Bâle II. «Compte tenu du fait que les banquiers privés remplissent aujourd'hui jusqu'à trois ou quatre fois les exigences minimales légales, personne ne s'attend à ce qu'ils doivent faire appel à de nouveaux capitaux, assure Rudolf Leutwiler. Il n'y a donc pas de difficultés en perspective.» Daniel Wanner se veut lui aussi confiant: Bâle II pourrait simplement conduire à une légère réduction du ratio de fonds propres des banques.