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Jürg Gutzwiller, président de l'Association des banques régionales suisses (ABRS)
© Keystone/Marcel Bieri

Groupes d’intérêt

Les banques régionales créent une association pour mieux se faire entendre

L’assemblée constitutive de l’Association des banques régionales suisses s’est tenue lundi à Berne en présence de Thomas Jordan et Ueli Maurer. Les 58 instituts locaux veulent faire entendre leur voix sur la scène politique

Lundi à Berne, l’Association des banques régionales suisses (ABRS) a tenu son assemblée constitutive. Les 58 instituts de taille petite et moyenne qui en font partie, soit le quart des banques suisses, sont ancrés dans la vie économique régionale, de la Caisse d’Epargne de Nyon à la banque Valiant. «Nos besoins spécifiques sont trop peu écoutés en politique», a regretté Jürg Gutzwiller, nommé président du conseil d’administration de l’ABRS.

Distinctes des banques cantonales ou des Raiffeisen et bien sûr des grandes banques, les banques régionales emploient 4314 collaborateurs au total et représentent 10% du marché hypothécaire suisse. Le siège de l’ABRS est à Gümligen, dans le canton de Berne, et le directeur de son secrétariat est Jürg de Spindler. Le budget sera limité à 600 000 francs par an.

Des différences avec les priorités de l’ASB

A l’inverse des grandes banques et des instituts de gestion de fortune, l’ABRS ne se battra pas pour l’accès au marché européen, mais pour améliorer les conditions-cadres en Suisse et viser, notamment, une réduction de la complexité réglementaire. Les banques régionales sont certes représentées au sein de l’Association suisse des banquiers. Mais «la gestion des dissonances doit être améliorée au sein de l’ASB», a déclaré Jürg Gutzwiller.

Egalement présents lors de cette naissance, le conseiller fédéral Ueli Maurer et le président du directoire de la Banque nationale suisse (BNS). Le premier s’est félicité de «cette initiative typiquement suisse d’empoigner un problème en mettant les ressources en commun».

Le second s’est, lui, réjoui de «l’hétérogénéité» qui règne sur la place financière suisse, de la constitution de l’ABRS et d’une «concurrence qui rend le système bancaire d’autant plus robuste». A son avis, «deux défis majeurs sont à relever par les banques régionales, «le risque hypothécaire et la fintech.» Thomas Jordan souhaite à l’ABRS une plus longue vie que la première association qui réunissait les intérêts de ces instituts. L’assemblée de lundi représente en effet un nouveau départ en matière de coopération entre les petites et moyennes banques.

Une histoire mouvementée

L’histoire de l’association remonte à 1971 avec la création d’une Union des banques régionales suisses. En septembre 1994, en pleine crise immobilière et confrontée à des exigences réglementaires et informatiques croissantes, cette association crée RBA Holding, avec 98 membres. L’objectif était de leur permettre de rester autonomes et de s’appuyer sur un prestataire de services communs en matière de trafic des paiements, de logistique et de services informatiques. Au début de 2006, 14 banques régionales ont quitté cette organisation. La plupart fondent une communauté d’intérêt baptisée Esprit. Une autre organisation au service de petites et moyennes banques se crée en 2004, Clientis.

RBA Holding s’est transformée au début de janvier 2018 en Entris Holding, avec 36 membres et quelque 50 employés, afin de mettre en commun les ressources opérationnelles (trafic des paiements, achats d’automates, administration, prévoyance). Son directeur est Jürg Gutzwiller – désormais également président de l’ABRS –, lequel siège aussi à l’Association suisse des banquiers. Dans le cadre de la gestion des affaires boursières, 40 banques régionales, dont Valiant et Clientis, se sont également rapprochées de la banque Vontobel en 2017 pour réaliser leurs transactions sur la plateforme de cette dernière (négoce et tenue de compte).

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