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Banques et start-up, deux cultures se sont confrontées lors d’un congrès

Quelque 200 experts ont pris part à «Fintech 2015» mercredi à Zurich. Les établissements bancaires cherchent à mettre à profit les innovations élaborées par de jeunes pousses

Banques et start-up, deux cultures qui cherchent à se rencontrer

Innovation Quelque 200 experts ont pris part à Fintech 2015 mercredi à Zurich

Les établissements bancaires cherchent à mettre à profit les innovations émanant des jeunes pousses

Créateurs de start-up, spécialistes des technologies de l’information et banquiers se sont donné rendez-vous à Fintech 2015. La conférence, qui s’est tenue mercredi à Zurich, était exclusivement consacrée à l’impact des nouvelles technologies dans la finance. Devant quelque 200 participants attentifs, qui n’avaient pas les yeux rivés uniquement sur leurs smartphones, David Rowan, directeur du magazine Wired pour la Grande-Bretagne, a ouvert les débats en déclarant que les «clients n’ont plus besoin des banques». Provocation ou réalité?

Dans tous les cas, les nouvelles approches en matière de paiement et d’investissement en ligne bousculent les habitudes dans le secteur bancaire. Et les moyens ne manquent pas: 12 milliards de dollars ont été investis dans la «finance-tech», a cité David Rowan.

Pour Markus Nigg, directeur des produits de la société informatique ti&m, qui a conçu des applications pour plusieurs établissements, la vitesse est devenue essentielle dans ce secteur. Entre banques et start-up, deux cultures se confrontent lorsqu’il s’agit de mettre en place des projets. Les banques sont bonnes en marathon, les start-up au sprint, illustre-t-il. Il est nécessaire de bousculer les habitudes. Lorsque ti&m a dû élaborer une nouvelle application pour un assureur, elle a ainsi fait venir une équipe entière dans ses propres locaux. Mais pourquoi le secteur financier peine-t-il à innover par lui-même?

Lors d’une table ronde, Trent Huon, partenaire d’IDEO, une société de design d’entreprises basée à Munich, a rappelé qu’il ne faut pas sous-estimer le poids de l’héritage des systèmes informatiques traditionnels, qui remontent parfois à 30 ans. C’est un important défi pour la branche, a reconnu Marco Abele, responsable des projets bancaires numériques chez Credit Suisse, qui était partenaire de l’événement. De l’avis de Trent Huon, l’erreur à éviter à tout prix est de considérer le mobile comme un simple canal de distribution supplémentaire à bon marché. Pour Marco Abele, le véritable défi consiste «à combiner la force des applications mobiles avec la confiance dans l’être humain». En matière de décision d’investissement, la validation des choix doit continuer d’être effectuée par un individu, non pas par un système, juge-t-il.

Reste à savoir à qui l’utilisateur fait le plus confiance. «Les clients font souvent davantage confiance aux autres clients qu’à la banque elle-même», a observé Ronny Seidel, responsable de Hello bank!, la banque en ligne de BNP Paribas. Cet aspect a aussi été souligné par Andreas Kern, fondateur de Wikifolio, une société active dans le «courtage social». Le site autrichien, qui permet de copier les stratégies des autres utilisateurs, a fait de la confiance mutuelle que s’accordent les investisseurs la base de son modèle d’affaires. Investory, basée à Kloten, propose aussi de suivre les meilleures idées proposées par des gérants.

La combinaison de différents services est aussi source de disruption. Paymill en offre un exemple: la société munichoise propose non seulement un service de paiement destiné aux PME et boutiques en ligne mais aussi des crédits à court terme aux commerçants. Les banques doivent-elles s’inquiéter de ces nouveaux concurrents? Ronny Seidel, de Hello bank!, relativise cette opposition: «Les fintech ont des idées et la technologie, les banques des moyens à investir.» «Aucune des deux parties ne peut survivre sans l’autre», a aussi estimé Trent Huon, d’IDEO.

«Les clients font souvent davantage confiance aux autres clients qu’à la banque»

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