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La salle des trésors d’une banque.
© Keystone/Gabriele Putzu

Forum

Les banques suisses que nous n’avons pas vu grandir

OPINION. Par bien des aspects, la trajectoire des banques cantonales sur les dix dernières années a été remarquable, écrit Xavier Pintado, de BCGE Asset Management

Tout le monde connaît les banques cantonales, qui font partie intégrante depuis bien longtemps du tissu économique et de l’histoire suisse. La plus ancienne, la BCGE, a été fondée en 1816; Napoléon venait d’abdiquer, prélude à un certain retour au calme sur le continent européen.

La plus jeune des banques cantonales a été fondée en 1979, une année après la reconnaissance du nouveau canton du Jura par le peuple suisse. Mais malgré leur longévité, la vie des banques cantonales n’a pas toujours été un long fleuve tranquille. Les années 90 ont été particulièrement éprouvantes, avec la disparition des banques cantonales du demi-canton d’Appenzell Rhodes-Extérieures et du canton de Soleure. D’autres ont éprouvé quelques difficultés mais ont pu se ressaisir.

Vingt-quatre banques qui se portent bien

Aujourd’hui les banques cantonales sont au nombre de vingt-quatre et se portent plutôt bien. Elles sont un peu comme nos enfants: à force de les côtoyer au quotidien, on ne les voit pas croître. Et pourtant elles ont bien grandi. Alors qu’à fin 2007 l’ensemble de leurs bilans consolidés se chiffrait à 371 milliards de francs, dix ans plus tard, à fin 2017, le même bilan collectif valait 595 milliards. Cette croissance, ce sont 224 milliards de moyens supplémentaires que les banques cantonales ont mis au service de l’économie, que ce soit sous forme d’hypothèques, de prêts aux entreprises ou encore de support aux collectivités publiques. Leur contribution à l’économie suisse a été essentielle, pendant une période qui a vu les grandes banques internationales subir les effets d’une crise aux retombées mondiales.

Le fait que la croissance des bilans des banques cantonales ait pu se faire de manière harmonieuse est particulièrement remarquable dans ce contexte. Il est en effet important que la croissance des bilans s’accompagne d’une croissance des fonds propres. Ceux du collectif des banques cantonales sont passés de 33,6 milliards de francs à 48,1 milliards sur la même période de dix ans. Une croissance régulière qui se traduit par un rapport «fonds propres comptables sur masse du bilan» resté proche des 8% tout au long de la période. Il faut souligner à quel point les fonds propres sont un élément vital dans le bilan d’une banque parce que ce sont eux qui amortissent les secousses lorsque le contexte ambiant devient plus inégal.

Quand les fonds propres baissent de manière significative par rapport à la masse du bilan, la banque est fragilisée. En mettant l’accent sur une croissance harmonieuse, les banques cantonales ont su préserver ce qui est fondamental pour leurs clients: la confiance, et plus particulièrement la confiance en la solidité de leur banque.

En rétrospective, on peut considérer par bien des aspects que la trajectoire des banques cantonales sur les dix dernières années a été remarquable. Mais qu’en pensent les investisseurs?

Une surperformance en bourse

Il faut d’abord préciser que, parmi les 24 banques cantonales, seules 13 sont aujourd’hui cotées auprès de la bourse suisse et qu’elles n’étaient que 11 à la fin de 2013. Les investisseurs les apprécient, car elles sont connues pour verser un dividende intéressant et stable. Leur performance boursière est par ailleurs excellente, puisque l’agrégat équipondéré des banques cantonales cotées a généré un rendement annuel de 7,6% par année sur la période de janvier 2008 à avril 2018. Concrètement, un investisseur aurait plus que doublé son investissement initial, alors que sur la même période, le marché suisse (indice SPI) a généré une performance annuelle de 4,1%. La volatilité des banques cantonales se chiffre à 6,8% sur la période; c’est la moitié de celle du marché suisse des actions.

Les banques cantonales, qu’elles soient ou non cotées en bourse, s’avèrent un élément constitutif majeur et dynamique du tissu économique local en Suisse. Elles le connaissent parfaitement bien puisqu’elles en font partie. Leur bonne santé est le reflet d’une politique de gestion pragmatique, à l’inverse de la mondialisation ambiante. A l’heure actuelle, c’est un atout considérable pour les investisseurs.

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