L’avenir du secteur bancaire suisse se trouve dans la Fintech. «C’est une approche gagnant-gagnant où les entreprises fintechs offrent un cadre idéal pour développer de nouvelles idées commerciales et sont capables de les mettre en œuvre plus rapidement que des banques, a déclaré Martin Hess, responsable de la politique économique de l’Association suisse des banquiers (ASB) jeudi lors de la présentation du Baromètre bancaire 2017. Coopérer avec des start-up permet aux banques de développer leurs offres de prestations et d’accroître leur productivité.» Publié chaque année, le baromètre bancaire synthétise les chiffres clés et met en exergue les principales évolutions dans les banques.

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Le secteur bancaire suisse reste le leader en matière de gestion de fortune, avec une part de marché mondial d’environ 25%. En fin décembre dernier et fin mai, les banques suisses ont accueilli 277,7 milliards de francs, amenant le total d’actifs sous gestion à 6871 milliards sous gestion. Sur l’ensemble de 2016, les actifs ont crû de 1,3% par rapport à l’année précédente.

Environnement difficile

Pour Martin Hess, «il est important que les acteurs actuels puissent participer au marché fintech dans les mêmes conditions réglementaires que les nouveaux prestataires». Selon lui, une réglementation adaptée et des conditions-cadres optimales sont indispensables afin que la Suisse se maintienne dans le peloton de tête des places financières internationales.

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Au-delà du défi que pose la collaboration entre les banques et la fintech, l’ASB a souligné que le secteur continue à évoluer dans un environnement difficile: réglementation plus contraignante et coûts élevés de sa mise en place, taux d’intérêt négatifs, concurrence internationale plus féroce, compétitivité de plus en plus sous pression, érosion des marges qui «ne cessent de s’étioler depuis 2007», clients toujours plus exigeants, transition numérique inévitable et enfin, incertitudes en matière de politiques économiques et financières et Brexit.

7300 emplois sacrifiés en dix ans

Ce contexte défavorable et les réalités économiques des banques ont une conséquence directe sur l’emploi. L’an passé, les banques suisses comptaient 101 382 collaborateurs, en baisse de 1660 par rapport à 2016. Mais depuis 2007, ce qui correspond au début de la crise financière, le secteur a sacrifié 7300 emplois. L’ASB a fait comprendre que la tendance devrait s’inverser d’ici à la fin de l’année avec une hausse des embauches.

Mais nonobstant les difficultés, le secteur reste robuste et continue à jouer un rôle moteur dans l’économie. Son bénéfice cumulé s’est établi à 7,9 milliards de francs en 2016 et les impôts versés aux caisses publiques ont atteint 2,3 milliards, soit +3,2% de plus par rapport à l’année précédente. L’ASB a fait aussi ressortir que ses membres ont prêté 1107 milliards de francs, en hausse de 2,9% par rapport à 2015. La croissance des crédits hypothécaires nationaux s’est également accélérée de 2,7%, les banques cantonales se taillant la part du lion dans ce marché.