A quoi ressemblera la banque de demain? Le thème est en vogue. Jeudi soir, alors que le congrès Sibos touchait à sa fin à Genève, l’Association vaudoise des banques, en partenariat avec Le Temps, organisait un événement autour de cette question au Lausanne Palace.

Devant un parterre de 200 personnes, dont le chef des Finances Pascal Broulis, c’est Marc Bürki qui a ouvert les débats. Le fondateur de la banque 100% en ligne Swissquote a donné sa vision du futur même si, comme il l’a rappelé, les changements «disruptifs» ne peuvent jamais être anticipés.

Premier constat: les monnaies physiques sont vouées à disparaître. «Les transactions sans cash ont été plus importantes que les transactions avec cash pour la première fois cette année», a-t-il notamment rappelé.

Deuxième constat: les banquiers devront toujours plus s’appuyer sur la technologie pour générer de la performance. «Aujourd’hui les clients sont plus informés que nous, a-t-il poursuivi. De plus, ils ont accès à des millions de produits financiers si bien que sans outils pour filtrer l’information, un banquier ne pourra plus gérer correctement les portefeuilles de ses clients.»

Le patron de Swissquote, qui a profité de l’occasion pour présenter Claire, un robot-conseiller auquel il a demandé de payer ses factures, ne croit toutefois pas à la disparition des banques historiques. «Ce sont elles qui vont racheter les fintech, a-t-il expliqué. Le défi sera toutefois de ne pas se faire doubler par d’autres banques intéressées par la même technologie.»

A consulter également: le compte-rendu en temps réel de la rencontre

«Du VHS au DVD»

La table ronde qui a suivi, avec trois représentants de fintech suisses et un responsable d’une grande banque, a été l’occasion de poursuivre sur la question de l’avenir des acteurs historiques de la finance. Rüdiger Lobrinus, responsable de l’innovation chez UBS, a commencé par rappeler que le métier de la banque était très régulé. «Je ne crois pas qu’Apple, Google ou Facebook aient envie de se lancer dans un tel secteur», a-t-il souligné.

Olivier Collombin, ancien banquier reconverti dans la fintech, s’est montré un peu moins optimiste. «J’ai le sentiment que le banquier d’aujourd’hui ressemble au tenant d’un vidéo-club dans les années 1990, a-t-il expliqué. Il très fier d’avoir fait la transition entre le VHS et le DVD mais il ne sait pas que dans quelques mois la porte risque de ne plus s’ouvrir.»

Si certaines divergences sont apparues, les intervenants se sont accordés sur une chose: les banques n’auront guère le choix de collaborer avec les fintech à l’avenir, notamment parce qu’elles leur permettront de faire des économies. Mais aussi parce que les représentants de la génération Y, ceux qui ont grandi avec Facebook, le demanderont. «Notre technologie, qui permet d’agréger des comptes financiers sur une même interface, est très demandée dans les pays anglo-saxons, a expliqué Lucile Mathe, responsable de la communication d’eWise. Si les banques ne la proposent pas à leurs clients, ce sera d’autres fintech qui le feront à leur place.»