Scandale

«Tous les banquiers ne sont pas malhonnêtes»

L’auteur de l’étude qui met en cause la culture des banques, et qui a été publiée dans la revue «Nature», répond aux critiques

«Tous les banquiers ne sont pas malhonnêtes»

Scandale L’auteur de l’étude qui met en cause la culture des banques répond aux critiques

Michel Maréchal, économiste à l’Université de Zurich, et coauteur avec Ernst Fehr et Alain Cohn d’une étude parue dans le magazine Nature mettant en cause une culture bancaire propice aux compor­tements malhonnêtes (LT du 24.11.2014), a répondu aux critiques mardi à Zurich devant la CFA Society Switzerland à Zurich, une plateforme de formation en finance.

L’économiste a tenu à éviter les généralisations. Il n’a «jamais affirmé que tous les banquiers étaient malhonnêtes». L’expérience menée auprès de 128 employés d’une banque internationale a «renforcé l’hypothèse selon laquelle les scandales rencontrés en finance sont aussi causés par la culture du métier», insiste-t-il. Le taux de mensonge observé dans son expérience s’est élevé à 3% lorsque la personne était placée dans un environnement familial et 16% si ce dernier était professionnel. Selon Michel Maréchal, «les normes sociales sont en cause».

Une question de bon sens

L’Association suisse des employés de banque (ASEB) s’était dite «consternée» par cette publication. A son avis, «on ne peut pas appliquer les résultats de l’étude aux banques suisses».

Le porte-parole de l’Association suisse des banquiers qualifiait l’étude de «peu précise». Pour le reste, à son avis, c’est une question de bon sens. «Dans les métiers liés à l’argent, les incitations monétaires jouent un rôle plus important», ajoute-t-il. Michel Maréchal n’a pas voulu préciser le nom ou le pays de la «banque internationale» qui avait été l’objet de sa recherche, ni celui des participants. Les 128 employés étaient répartis en un groupe d’employés du support et un autre de salariés du front. Le taux de malhonnêteté a été supérieur pour les seconds. L’auteur ajoute que des tests ont aussi été effectués auprès d’autres banques et de «plusieurs centaines d’autres employés au total» qui confirmaient les résultats de son étude. Michel Maréchal demande que les banques «encouragent un changement de norme». Il apprécie les points éthiques concrets inclus dans le manuel du CFA Institute. Il propose un serment d’Hippocrate pour les banquiers et un ajustement des systèmes de rémunération.

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