Travailler à la Banque mondiale, au Fonds monétaire international ou au sein de l’une des banques régionales de développement, ces institutions financières internationales (IFI) qui financent des projets de développement à coups de milliards et qui offrent de bonnes conditions de travail? Cette perspective n’enchante pas les professionnels suisses de la finance. La Confédération, elle, voudrait que ces derniers y soient plus nombreux et assument des responsabilités.

«Nous voulons apporter notre compétence dans des domaines spécifiques, notamment comme l’énergie, l’eau ou encore les transports», explique Michelle Gygin, directrice adjointe à la section Multilatérales au Secrétariat d’Etat à l’économie (Seco). In fine, la Suisse souhaite, autant que faire se peut, être au cœur des décisions prises par les IFI.

C’est dans ce contexte que Michelle Gysin participera la semaine prochaine à Pékin et à Shanghai, à deux réunions pour motiver les potentiels candidats suisses pour occuper des positions au sein de la Banque asiatique de développement (BAsD) sise à Manille aux Philippines et de la Banque asiatique pour les investissements dans les infrastructures (BAII) qui s’installe dans la capitale chinoise. «Les deux manifestations s’adressent à un millier d’Helvètes déjà domiciliés dans le bassin asiatique», explique Urs Stauffer, membre de la direction de Cinfo, un centre de recrutement spécialisé dans la coopération internationale, et qui sera aussi présent à Shanghai et à Pékin. L’initiative revient à l’ambassade suisse en Chine et au Swiss Centre à Pékin.

La BAII dans la ligne de mire

Les deux réunions en Chine sont exceptionnelles. Créée en 2015, la BAII, une initiative chinoise qui veut concurrencer la Banque mondiale dans le financement d’infrastructures en Asie, est dans la ligne de mire helvétique. La Suisse l’a rejointe au printemps dernier et fait partie d’un groupe de vote dont elle assume la vice-présidence. «La Suisse renforce ainsi ses liens avec la Chine et l’Asie et offre à ses entreprises de nouvelles options pour renforcer leurs relations commerciales avec l’Asie», selon le communiqué de presse lors de l’annonce de l’adhésion à la BAII.

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«Les professionnels suisses qui sont actifs dans le secteur privé ignorent les opportunités dans les IFI, poursuit Urs Stauffer. Où alors cette perspective les intéresse peu.» Selon lui, la mobilité n’est pas le point fort des cadres bancaires suisses; la vie n’est pas désagréable ici et parfois pour des raisons pratiques – éducation des enfants par exemple –, ils n’envisagent pas de séjour prolongé à l’étranger. «Il y a toutefois ceux qui à mi-chemin de leur carrière, cherchent à relever un nouveau défi, poursuit Urs Stauffer. Nous nous adressons à cette catégorie.»

En Suisse, c’est Cinfo qui organise tous les deux ans une foire aux emplois dans la coopération internationale. L’an dernier, 80 organisations de développement et humanitaires, mais aussi des IFI étaient présentes à Berne pour attirer des talents.