Le Bar Tabac porte mal son nom. Ce café bistrot lausannois, situé au-dessus du quartier de la gare, en face de l'administration communale, est non-fumeur les trois premiers jours de la semaine. «De toute façon, d'ici deux à trois ans, ce sera non-fumeur partout», glisse Mehmet Genc, qui a repris l'établissement début septembre. Ce serrurier de métier cherchait un bar comme celui-là depuis quelques années. C'est-à-dire avec du style et des clients. Le Bar Tabac est rentable et si le patron ne veut pas détailler les chiffres, il emploie quatre personnes à 100% et trois extras. Des charges salariales importantes que seul le succès permet de payer.

Et ce succès est basé sur un style. Celui des années 50. «J'aime ce côté parisien, ces petites tables conviviales qui permettent de faire des connaissances, confie Tiberio, un client qui vient régulièrement dans cet établissement en hiver. La musique (ndlr: de style rétro) n'est jamais trop forte non plus, c'est appréciable.» Ce café n'a rien de branché. Mais sa déco toute en simplicité, des boissons originales (avec des sirops maison par exemple) et une offre abondante de journaux et magazines attirent une vaste clientèle. «Ici, vous rencontrez des personnes de tous âges et de tous horizons», poursuit Tiberio, qui connaît aussi bien les ambiances des après-midi que des soirées.

Le Bar Tabac réalise ses marges sur les cafés (vendus 3 francs 20) et son vaste large choix de bières. «Le personnel de longue date permet aussi d'assurer la qualité», ajoute Mehmet Genc, qui a repris le fonds de commerce et loue le bistrot. Pour l'heure, il n'entend pas investir davantage. «Tant que ça marche comme cela, nous continuons.»