«Ce n’est pas nous qui avons choisi la manière dont cette crise s’est déclarée. Mais nous avons le choix» des suites à donner à cette crise, a dit M. Obama selon le texte d’une déclaration qu’il devait prononcer à 18h50 (heure suisse) sur cette réforme annoncée comme l’une des priorités de son gouvernement.

«Mon administration propose aujourd’hui une vaste réforme du système de régulation financière, une transformation d’une ampleur inédite depuis les réformes qui ont suivi la Grande dépression», a-t-il ajouté.

Les propositions, qui devront ensuite être approuvées par le Congrès, visent à donner à la banque centrale, la Réserve fédérale (Fed), de nouveaux pouvoirs de régulation sur les plus grandes institutions financières du pays. La Maison Blanche a également indiqué que la réforme allait introduire plus de discipline et de transparence des marchés financiers.

Fragilités du système Le but affiché de cette dernière est de s’attaquer aux fragilités du système financier américain, dont la crise a démontré la vulnérabilité.

Comme précédemment annoncé, la réforme comprendra aussi la constitution d’une nouvelle agence de protection des consommateurs chargée de superviser spécifiquement les crédits immobiliers et les crédits à la consommation.

Elle doit comporter la création d’un Conseil de surveillance des services financiers. Cet organe, dont la présidence reviendra au Trésor, sera chargé d’évaluer les risques menaçant le système financier dans son ensemble et de coordonner l’action des différents organes de régulation pour y faire face.

La réforme prévoit également de placer sous la supervision d’un régulateur unique les plus grandes institutions financières du pays, dont la faillite mettrait en danger l’ensemble du système économique. C’est la Fed qui héritera de cette tâche.

Pour assurer la stabilité du système, le gouvernement va également relever le niveau de capital que devront posséder «toutes les institutions» financières, avec des obligations plus contraignantes pour les plus importantes d’entre elles.

Normes pour la titrisation Les fonds spéculatifs, qui échappent pour l’instant au contrôle des autorités, devront s’enregistrer auprès d’un régulateur. Cette obligation pourrait néanmoins ne s’appliquer qu’à partir d’un certain montant d’actifs gérés.

La réforme doit également imposer que les produits dérivés désormais standardisés, qui se troquent de gré à gré, s’échangent via des structures de compensation centralisées. Cela devrait néanmoins laisser un grand nombre de produits dérivés hors du contrôle des autorités.

Le gouvernement va aussi édicter des normes pour la titrisation, opération consistant à transformer en titres des actifs financiers, afin d’éviter que les émetteurs qui y recourent ne se déchargent totalement de leurs risques sur le reste du système. La titrisation est en partie responsable de la croissance effrénée des crédits immobiliers à risque ayant entraîné la crise actuelle.

Les agences de notation, accusées d’avoir manqué de clairvoyance dans l’estimation des risques posés par ces opérations, devraient être encadrées.

La réforme doit enfin donner au gouvernement les moyens d’agir pour permettre un démantèlement en douceur des grandes institutions financières menaçant de s’écrouler.